Entre SAS et SARL, le choix du statut du dirigeant bouleverse entièrement le montant des charges sociales, le net réellement perçu et la protection sociale associée. En 2026, les écarts se creusent encore avec l’actualisation des plafonds de Sécurité sociale et des taux de cotisations.
Président assimilé salarié, gérant majoritaire TNS, dividendes, retraite, arrêt maladie, chômage… Les arbitrages ne se limitent plus à une simple question de pourcentage. Les règles fiscales, sociales et patrimoniales s’entrecroisent, et certaines stratégies changent du tout au tout selon le niveau de rémunération envisagé.
| Axe de comparaison | Dirigeant SAS | Dirigeant SARL | Impact stratégique 2026 |
|---|---|---|---|
| Prévisibilité des charges | Cotisations proportionnelles au salaire versé | Cotisations dues même en cas de faible rémunération | SAS idéale pour rémunérations variables |
| Flexibilité de rémunération | Très flexible (salaires + dividendes) | Plus rigide (dividendes soumis aux cotisations sociales) | Avantage SAS si stratégie d’optimisation dividendes |
| Protection sociale | Excellente mais coûteuse | Moins complète mais économique | SARL intéressante si priorité à la réduction des coûts |
| Coût total estimé des charges 2026 | Environ 70 % du salaire net | Environ 45 % du revenu | Grand écart de coût à intégrer dans le business plan |
| Administratif & simplicité | Gestion paie obligatoire | Gestion plus légère (TNS) | SARL avantageuse pour structures légères |
Comprendre le statut social du dirigeant en SAS et en SARL
Le choix entre SAS et SARL ne concerne pas uniquement la souplesse juridique ou la relation entre associés. Il détermine surtout le statut social du dirigeant et donc le régime de cotisations, la protection santé, la retraite et le coût global pour l’entreprise.
En SAS, le président relève du régime des assimilés salariés. Il cotise au régime général comme un cadre, hors assurance chômage. En SARL, un gérant majoritaire relève du régime des Travailleurs Non Salariés (TNS), c’est-à-dire la Sécurité sociale des indépendants, avec une logique de cotisations tout à fait différente.
Cette distinction structure les charges sociales, le net disponible, la rentabilité des dividendes et même la stratégie de rémunération sur plusieurs années. Elle conditionne aussi le risque personnel du dirigeant en cas de maladie lourde, d’invalidité ou de baisse d’activité.
Statut du président de SAS en 2026 : assimilé salarié
Le président de SAS ou de SASU relève du régime général de la Sécurité sociale. Son statut d’assimilé salarié implique une fiche de paie, des déclarations via la DSN et des cotisations calculées selon les règles applicables aux salariés cadres, à l’exception de l’assurance chômage.
En 2026, les charges sociales totales d’un président de SAS représentent en moyenne jusqu’à 82 % de la rémunération brute. Ce taux inclut :
- les cotisations patronales (environ 45 % à 54 % du brut selon la structure du salaire)
- les cotisations salariales (environ 28 % du brut)
- la CSG-CRDS au taux global de 10,6 % appliqué sur 98,25 % de la rémunération brute
Le président de SAS bénéficie ainsi d’une protection sociale proche de celle d’un salarié cadre : maladie, maternité, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, formation professionnelle et couverture accident du travail / maladie professionnelle lorsqu’un contrat adapté est mis en place.
Détail des cotisations du président de SAS assimilé salarié
Les taux suivent la logique du régime général, avec une répartition entre part salariale et part patronale. Parmi les principales contributions du dirigeant :
- Assurance vieillesse (retraite) avec plusieurs tranches :
- 0,40 % sur l’intégralité de la rémunération (part salariale)
- 8,55 % dans la limite du plafond (part patronale principale)
- 6,90 % environ (part salariale complémentaire sur certaines tranches)
- CSG/CRDS calculées sur 98,25 % du salaire brut :
- CSG imposable : 2,40 %
- CSG non imposable : 6,80 %
- CRDS : 0,50 %
- Contribution APEC pour les cadres : 0,024 %
- Assurance maladie, maternité, invalidité, décès : 7 % jusqu’à 2,5 SMIC (≤ 4 504,60 € environ), puis 13 % au-delà
Les plafonds de Sécurité sociale influencent fortement la charge globale. En 2026, le PASS annuel s’élève à 47 100 €, le PMSS à 3 925 € et la limite à 4 PASS correspond à une rémunération mensuelle de 16 020 €.
Rémunération et protection sociale du président de SAS
La rémunération du président de SAS se fixe librement par les associés dans les statuts ou par décision collective. Ce choix a un impact direct sur les droits et les couvertures sociales.
Sans rémunération versée, aucune cotisation n’est due au titre du mandat social. En contrepartie, le président ne validera pas de trimestres de retraite et ne disposera d’aucune couverture liée à ce mandat en cas de maladie, d’accident ou d’incapacité.
Une logique de versement mensuel régulier sécurise la protection sociale sur la durée. Les droits maladie et retraite se construisent sur la base des salaires déclarés, avec un lien direct entre niveau de rémunération et qualité de la couverture, notamment au-dessus du PASS.
« Un mandat de président de SAS non rémunéré diminue fortement le niveau de protection sociale. Le dirigeant se retrouve exposé en cas d’arrêt de travail prolongé, alors même qu’il assume des responsabilités importantes dans la société. »
Statut du gérant majoritaire de SARL : Travailleur Non Salarié (TNS)
En SARL, le gérant majoritaire relève du régime des Travailleurs Non Salariés. Il cotise auprès de la Sécurité sociale des indépendants avec un fonctionnement éloigné de celui du régime général, tant sur les taux que sur les bases et les modalités de calcul.
Les charges sociales totales représentent environ 45 % de la rémunération nette. Cette référence au net surprend souvent, car en assimilé salarié, la plupart des calculs utilisent le brut. La lecture des deux régimes nécessite donc une mise en perspective minutieuse.
Le statut TNS offre un coût social global réduit par rapport à l’assimilé salarié, mais avec une protection sociale moins développée. Les garanties doivent souvent être complétées par des contrats privés de prévoyance et de retraite complémentaire pour atteindre un niveau de couverture comparable.
Protection sociale du gérant majoritaire TNS
Le gérant majoritaire de SARL relève de la Sécurité sociale des indépendants. Son régime comprend :
- une couverture maladie-maternité avec remboursement des soins et indemnités journalières sous conditions de revenus
- des droits retraite (base + complémentaire TNS), souvent moins rémunérateurs pour les hauts revenus que le régime général
- une couverture invalidité-décès plus limitée qu’en assimilé salarié
- des droits à la formation professionnelle
Le régime TNS ne prévoit ni assurance chômage, ni couverture automatique pour les accidents du travail et maladies professionnelles. Le gérant reste libre de souscrire des assurances spécifiques pour combler ces manques.
Cotisations minimales et absence de rémunération en SARL
Contrairement au président de SAS, un gérant majoritaire TNS supporte des cotisations minimales obligatoires, même en l’absence de rémunération effective. Les organismes sociaux considèrent que l’activité existe dès lors que l’entreprise fonctionne, ce qui déclenche un socle de contributions.
Ce mécanisme pèse sur la trésorerie, surtout la première année. En contrepartie, le dirigeant bénéficie d’une protection de base même sans salaire, notamment pour l’assurance maladie et la validation de quelques droits sociaux.
Avec une rémunération régulière, les cotisations TNS se stabilisent entre 25 % et 44 % des revenus selon le niveau de revenu, la structure fiscale et la part de dividendes. Les premières années, des systèmes de provisions et de régularisations s’appliquent pour lisser les montants.
Comparatif global SAS vs SARL en 2026 : charges sociales et net perçu
Pour comparer réellement les charges sociales entre dirigeant de SAS et gérant de SARL, il faut raisonner à enveloppe globale identique. La question n’est plus seulement de savoir quel taux s’applique, mais quel montant net reste entre les mains du dirigeant pour un coût total équivalent pour l’entreprise.
En 2026, on observe les grandes tendances suivantes :
- en SAS, les cotisations du président assimilé salarié atteignent environ 62 % de la rémunération brute, et jusqu’à 75–82 % lorsqu’on intègre toutes les contributions
- en SARL, les charges sociales TNS se situent plutôt entre 25 % et 44 % du revenu
- pour la même enveloppe globale (coût complet pour la société), le revenu net du gérant TNS dépasse souvent celui du président assimilé salarié
Tableau comparatif des charges sociales dirigeant SAS vs SARL en 2026
| Critère | Président SAS (assimilé salarié) | Gérant SARL majoritaire (TNS) |
|---|---|---|
| Régime social | Régime général (cadre, hors chômage) | Sécurité sociale des indépendants |
| Base de référence | Rémunération brute | Rémunération nette / revenu professionnel |
| Taux global de charges | Environ 75–82 % du brut | Environ 25–44 % du revenu |
| Coût à enveloppe identique | Revenu net plus faible | Revenu net plus élevé |
| Protection maladie | Couverture étendue, proche salarié cadre | Couverture correcte mais moins généreuse |
| Retraite | Droits plus élevés, surtout au-dessus du PASS | Droits plus limités sur les hauts revenus |
| Assurance chômage | Non incluse (sauf cas particuliers ou contrat privé) | Non incluse |
| Cotisations minimales sans rémunération | Aucune cotisation, aucune protection | Cotisations minimales dues, protection de base |
| Dividendes et cotisations sociales | Dividendes non soumis aux cotisations sociales | Dividendes généralement moins taxés que le salaire mais soumis à certaines contributions selon les seuils |
« À enveloppe sociale identique, le gérant TNS conserve un net supérieur, alors que le président assimilé salarié obtient une couverture plus complète. L’arbitrage se joue entre sécurité sociale renforcée et optimisation du revenu disponible. »
Protection sociale : niveau de couverture SAS vs SARL
Au-delà du simple pourcentage de charges, le niveau de protection sociale oriente fortement le choix du statut. Les mêmes événements (maladie longue, invalidité, décès, retraite) n’ont pas les mêmes conséquences financières selon que le dirigeant relève du régime général ou du régime TNS.
Protection sociale de l’assimilé salarié en SAS
Le président de SAS bénéficie d’une couverture large grâce à son rattachement au régime général. Ce régime intègre :
- le remboursement des frais de santé (consultations, médicaments, hospitalisation)
- des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie ou maternité, calculées sur la base du salaire
- une retraite de base et complémentaire plus favorable sur les rémunérations élevées
- une couverture invalidité-décès bénéficiant d’une assiette de cotisation plus large
- une protection renforcée en cas d’accident du travail ou maladie professionnelle lorsqu’un contrat adapté existe
Les allocations familiales et la formation professionnelle complètent l’arsenal de droits. La structure des cotisations reflète cette logique de couverture étendue.
Protection sociale du gérant TNS en SARL
Le gérant majoritaire TNS profite d’un socle de protection plus restreint. Le régime couvre :
- la maladie-maternité avec des indemnités journalières soumises à des seuils de revenus
- une retraite de base et une retraite complémentaire distinctes du régime général
- une garantie invalidité-décès plus modeste
En revanche, aucune couverture n’est prévue pour les accidents du travail et les maladies professionnelles, sauf contrat assuré volontairement. La retraite devient rapidement moins favorable dès que les revenus dépassent le PASS et progressent sur plusieurs PASS.
Impact des plafonds 2026 (PASS, PMSS, 4 PASS) sur les cotisations
Les plafonds de Sécurité sociale de 2026 structurent la répartition des cotisations entre tranches et modifient la rentabilité marginale des hausses de salaire. Ils influencent aussi bien le calcul des cotisations assimilé salarié que TNS.
Pour 2026 :
- PASS annuel : 47 100 €
- PMSS : 3 925 €
- 4 PASS : 16 020 € mensuels
En régime assimilé salarié, les cotisations vieillesse et certaines contributions plafonnées se calculent dans la limite de ces seuils, puis en tranche supérieure. Au-delà de certains niveaux, augmenter la rémunération accroît le net moins vite que le coût complet supporté par la société.
En régime TNS, les plafonds jouent aussi un rôle pour la retraite et certaines contributions, mais la progression reste généralement moins marquée que pour l’assimilé salarié, ce qui renforce l’intérêt du statut pour les rémunérations élevées.
Dividendes, fiscalité et cotisations sociales SAS vs SARL
La question des dividendes s’inscrit au cœur de la stratégie de rémunération du dirigeant. Elle croise à la fois la fiscalité (impôt sur le revenu, prélèvement forfaitaire unique) et les cotisations sociales.
Dividendes en SAS : absence de cotisations sociales
En SAS, les dividendes versés au président associé ne supportent pas de cotisations sociales, quelle que soit leur hauteur. Ils relèvent du régime classique des revenus de capitaux mobiliers :
- soit au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux)
- soit à l’imposition au barème avec abattement de 40 % et prélèvements sociaux de 17,2 %
Cette absence de cotisations sociales sur les dividendes ouvre une voie d’optimisation en combinaison avec la rémunération salariale. Le dirigeant module son équilibre salaire/dividendes en tenant compte de ses besoins en protection sociale et de sa tranche d’imposition.
Dividendes en SARL : articulation avec le statut TNS
En SARL, la logique se révèle plus nuancée. Les dividendes perçus par le gérant majoritaire s’analysent différemment. Ils peuvent entrer, au-delà de certains seuils, dans l’assiette des cotisations sociales TNS, en particulier lorsque le montant dépasse une fraction du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant.
En contrepartie, le statut TNS bénéficie souvent d’une fiscalité globale plus légère sur une combinaison salaire + dividendes bien pensée. L’arbitrage s’effectue alors entre niveau de cotisations, poids de l’impôt, et besoins personnels du dirigeant.
Avantages fiscaux et sociaux propres à chaque statut
Le régime social du dirigeant interfère directement avec la fiscalité du revenu. Les arbitrages entre SAS et SARL incluent des paramètres fiscaux souvent sous-estimés au démarrage.
Avantages fiscaux de l’assimilé salarié en SAS
Le président de SAS profite d’un abattement de 10 % pour frais professionnels sur son revenu imposable, comme n’importe quel salarié, sauf option pour les frais réels. Ce mécanisme réduit la base imposable à l’impôt sur le revenu.
Combiné à l’absence de cotisations sociales sur les dividendes, ce statut offre un terrain d’optimisation en modulant la part de rémunération et la part de revenus de capitaux mobiliers. L’entreprise gère ainsi la frontière entre charges sociales et fiscalité personnelle.
Avantages spécifiques du TNS en SARL
Pour le gérant TNS, les avantages résident dans le coût social plus faible et la structure fiscale des revenus professionnels. Plusieurs éléments se combinent :
- une rémunération nette plus élevée à enveloppe identique
- un arbitrage salaire/dividendes souvent plus avantageux que dans un schéma purement salarié
- la possibilité de déduire certaines cotisations de prévoyance et de retraite complémentaire dans des cadres spécifiques (contrats Madelin historiques, PER)
La rémunération TNS reste généralement plus avantageuse que les seuls dividendes en termes de pilotage global charges sociales / impôt, à condition de calibrer le niveau de protection sociale complémentaire.
Stratégies de rémunération du dirigeant : enveloppe, net et protection
Le dirigeant n’arbitre pas seulement entre SAS et SARL, mais entre différentes stratégies de rémunération au sein de chaque statut. L’enjeu consiste à concilier trois objectifs :
- un net disponible suffisant pour les besoins personnels
- un niveau de protection sociale cohérent avec les risques supportés
- un coût maîtrisé pour la société
Stratégie en SAS : salaire + dividendes
En SAS, la combinaison classique repose sur un salaire structurant pour sécuriser la protection sociale, complété par des dividendes lorsque la société dégage des bénéfices distribuables. Le président ajuste chaque année la part de sa rémunération selon les résultats et ses besoins.
La marge de manœuvre reste forte, tant que la rémunération salariale reste cohérente avec les fonctions exercées et que les dividendes respectent les règles de distribution (bénéfice distribuable, réserves, trésorerie). Les taux de cotisations élevés justifient une réflexion approfondie sur le dosage salaire/dividendes.
Stratégie en SARL : rémunération TNS, dividendes et prévoyance
En SARL, la stratégie s’organise autour d’un salaire TNS calibré pour valider suffisamment de trimestres de retraite, ouvrir des droits maladie satisfaisants et alimenter une base de cotisations raisonnable. Les dividendes s’ajoutent ensuite selon les résultats de la société.
Un dirigeant TNS veille également à structurer ses contrats de prévoyance et ses outils d’épargne retraite pour combler les lacunes du régime social. À terme, ces compléments reconstituent une protection d’un niveau proche de celle de l’assimilé salarié, avec une logique plus personnalisée.
Choisir entre SAS et SARL en fonction du profil du dirigeant
Le bon statut dépend du profil du dirigeant, de ses objectifs et de la trajectoire envisagée pour l’entreprise. Aucun régime ne s’impose systématiquement ; chaque configuration appelle une analyse spécifique.
Quelques logiques générales se dégagent néanmoins :
- un dirigeant qui privilégie une protection sociale robuste et une retraite plus confortable s’oriente souvent vers la SAS et le statut assimilé salarié
- un créateur d’entreprise qui recherche un revenu net maximal à enveloppe constante, et accepte de construire lui-même sa protection complémentaire, s’intéresse davantage à la SARL avec un statut TNS
- les projets à forte croissance et levée de fonds apprécient la souplesse capitalistique de la SAS, tandis que les structures plus familiales restent attachées à la SARL
Le passage d’un statut à l’autre reste possible, mais requiert des restructurations juridiques et fiscales. Une réflexion approfondie en amont évite des transitions coûteuses ou mal synchronisées.


