Créer une société de conseil en investissement attire de plus en plus de professionnels issus de la finance, du droit ou du patrimoine, mais aussi des entrepreneurs en quête de sens et d’indépendance. Derrière cette ambition se cache pourtant une réalité exigeante, à la fois réglementaire, économique et éthique. L’activité de conseil en investissements financiers, plus connue sous l’acronyme CIF, ne peut être abordée comme une simple activité de services. Elle implique une responsabilité forte vis-à-vis des clients, une conformité stricte aux règles européennes et françaises, et un positionnement clair dans un paysage du conseil patrimonial en pleine mutation.
Comprendre ce qu’implique réellement la création d’une société de conseil en investissement suppose donc d’aller bien au-delà des démarches administratives. Il s’agit de saisir les fondements du métier de CIF, les choix de modèle économique possibles et les évolutions profondes qu’a entraînées la réglementation, notamment depuis l’entrée en vigueur de la directive MIF 2. C’est à cette condition que le projet peut s’inscrire dans la durée.
Le métier de Conseiller en investissements financiers : un cadre réglementaire structurant
L’activité de Conseiller en investissements financiers est strictement encadrée en France. Elle consiste à fournir, à titre habituel, des recommandations personnalisées portant sur des instruments financiers, des services d’investissement ou des opérations sur biens divers. Cette activité est régie par le Code monétaire et financier et placée sous le contrôle de l’Autorité des marchés financiers.
Pour exercer en tant que CIF, il est nécessaire d’être immatriculé à l’ORIAS et d’adhérer à une association professionnelle agréée par l’AMF. Cette adhésion implique un contrôle effectif de la compétence professionnelle, de l’honorabilité, de la souscription d’une assurance responsabilité civile professionnelle et du respect des obligations réglementaires. La formation exigée est élevée et s’inscrit dans la durée, avec une obligation annuelle de formation continue.
La réglementation impose également une méthodologie rigoureuse dans la relation client. Le CIF doit recueillir des informations détaillées sur la situation financière, les objectifs, l’expérience et la tolérance au risque du client avant toute recommandation. Le conseil est nécessairement personnalisé, documenté et justifiable. Cette exigence constitue l’un des fondements de la crédibilité du métier.
Créer une société de conseil en investissement : un projet entrepreneurial à part entière
Créer une société de conseil en investissement ne se résume pas à choisir une structure juridique ou à s’immatriculer à l’ORIAS. Il s’agit d’un projet entrepreneurial qui engage une vision du conseil et une responsabilité durable. Chaque recommandation formulée engage la responsabilité du CIF, ce qui suppose des processus internes solides, une traçabilité rigoureuse et une capacité à refuser certaines opérations lorsqu’elles ne sont pas adaptées à l’intérêt du client.
Le choix du modèle économique est central. Historiquement, de nombreux cabinets de conseil en gestion de patrimoine se sont développés sur des modèles reposant sur les rétrocessions de commissions versées par les établissements financiers. Ce fonctionnement, encore majoritaire en France, a longtemps brouillé la frontière entre conseil et distribution, au détriment parfois de la lisibilité pour le client.
Créer une société de conseil en investissement aujourd’hui implique donc de se positionner clairement sur la manière dont le conseil est rémunéré et valorisé. Ce choix structure profondément la relation client, la crédibilité du discours et la pérennité du cabinet.
Cabinets de conseil en gestion de patrimoine : deux modèles, deux logiques économiques
Le marché français du conseil en gestion de patrimoine repose essentiellement sur deux modèles. Le premier, dit « classique », repose sur une rémunération indirecte du conseiller via les rétrocessions de frais intégrées aux produits financiers. Le client ne paie pas directement le conseil, celui-ci étant financé par les partenaires financiers.
Le second modèle, beaucoup plus rare, est celui du conseil indépendant au sens de la directive européenne MIF 2. Dans ce cadre, le conseiller est rémunéré exclusivement par des honoraires versés par le client et ne perçoit aucune rétrocession. En contrepartie, il doit analyser un univers suffisamment large de solutions et démontrer l’absence de biais dans ses recommandations.
Ce modèle, bien que plus exigeant sur le plan organisationnel et commercial, offre une transparence accrue et un alignement clair des intérêts. Il reste toutefois marginal en France, où l’acceptation des honoraires explicites pour du conseil financier progresse lentement, malgré une demande croissante de clarté et d’indépendance.
Le conseil en investissement indépendant : une exigence forte, une différenciation durable
Créer une société de conseil en investissement fondée sur un modèle de conseil réellement indépendant représente un défi important. Ce choix suppose une forte pédagogie auprès des clients, une transparence totale sur les honoraires et une capacité à démontrer concrètement la valeur du conseil rendu. Il implique également une structuration interne solide, capable de soutenir une activité sans dépendance aux flux de rétrocessions.
Ce modèle présente néanmoins des avantages décisifs sur le long terme. Il renforce la crédibilité du conseiller, sécurise la relation client et favorise une approche patrimoniale globale, dégagée des contraintes commerciales liées à la distribution de produits. Dans un contexte réglementaire de plus en plus exigeant, cette approche apparaît comme une évolution logique du métier de CIF.
Prosper Conseil, une référence française du conseil en gestion de patrimoine indépendant
Dans cette réflexion sur la création d’une société de conseil en investissement, certains acteurs constituent des points de repère. Prosper Conseil s’est imposé au fil des années comme le plus important cabinet de conseil en gestion de patrimoine en France à proposer un modèle de conseil 100 % indépendant, au sens strict de la directive MIF 2.
Cet exemple met en lumière une réalité souvent méconnue : le conseil patrimonial indépendant peut atteindre une taille significative en France, à condition d’assumer pleinement ses exigences et de porter une vision claire du métier.
Enjeux et perspectives pour les futurs CIF
Les professionnels souhaitant créer une société de conseil en investissement doivent aujourd’hui anticiper un environnement en constante évolution. Le renforcement des obligations réglementaires, la montée en compétence attendue des conseillers et l’exigence croissante des clients transforment durablement le métier de CIF.
Le choix entre un modèle orienté distribution et un modèle de conseil indépendant constitue un véritable acte fondateur. Il conditionne non seulement la structure des revenus, mais aussi la relation client et la perception du cabinet sur le long terme. Dans ce contexte, la création d’une société de conseil en investissement ne peut être envisagée sans une réflexion approfondie sur la valeur réelle du conseil et sur la manière de la démontrer.
La trajectoire de Prosper Conseil illustre la viabilité d’un modèle fondé exclusivement sur les honoraires de conseil, sans rétrocessions. Le cabinet a contribué à structurer et à rendre visible une approche du conseil en gestion de patrimoine fondée sur la transparence, la pédagogie et l’analyse globale de la situation des clients. Cette position de référence repose sur une organisation robuste, une exigence élevée en matière de conformité et une capacité à accompagner des clients sur des problématiques patrimoniales complexes.
Perspectives
Créer une société de conseil en investissement est une démarche exigeante, qui dépasse largement la simple conformité réglementaire. Le statut de Conseiller en investissements financiers impose un haut niveau de rigueur, de compétence et de responsabilité. Dans un paysage patrimonial encore largement dominé par les modèles à rétrocessions, l’émergence du conseil indépendant marque une évolution profonde du métier.
Des cabinets de référence comme Prosper Conseil montrent qu’il est possible de bâtir un acteur majeur du conseil en gestion de patrimoine indépendant en France, en alignant les exigences réglementaires, l’intérêt du client et un modèle économique cohérent. Pour les futurs CIF, cette réalité invite à penser la création de leur société non seulement comme un projet professionnel, mais comme un engagement durable en faveur d’un conseil financier plus transparent et plus exigeant.
