L’extrait Kbis d’auto‑entrepreneur reste souvent mal compris. Certains micro‑entrepreneurs pensent ne pas y avoir droit, d’autres le réclament alors que leur activité ne relève pas du registre du commerce et des sociétés. Résultat : des démarches inutiles, des blocages avec la banque ou des retards pour signer des contrats.
En réalité, les règles sont claires. L’obtention d’un Kbis en micro‑entreprise dépend du type d’activité, du canal de création utilisé et du dialogue avec le greffe. Une fois ce cadre bien posé, la procédure s’accélère et les délais se réduisent nettement.
Extrait Kbis auto‑entrepreneur : définition, utilité et spécificités
L’extrait Kbis constitue la carte d’identité juridique des entreprises immatriculées au registre du commerce et des sociétés (RCS). Pour un auto‑entrepreneur commerçant, il formalise l’existence de la micro‑entreprise auprès de tous les interlocuteurs : banques, fournisseurs, clients, administrations.
Ce document émane directement du greffe du tribunal de commerce. Il atteste l’inscription au RCS, le statut juridique, l’identité de l’entrepreneur et le détail de l’activité commerciale exercée. Sans lui, certains partenaires refusent l’ouverture d’un compte professionnel ou la conclusion de contrats importants.
Que contient concrètement un extrait Kbis pour auto‑entrepreneur ?
Un Kbis d’auto‑entrepreneur affiche une série d’informations standardisées, structurées et vérifiables. Ce formalisme rassure les partenaires commerciaux et les organismes financiers sur la réalité de la structure et son inscription légale.
On y trouve notamment :
- la dénomination (nom commercial, éventuellement enseigne) ;
- le nom, prénom, date et lieu de naissance de l’auto‑entrepreneur ;
- le numéro SIREN et les informations Sirene ;
- l’adresse du siège ou du domicile de l’entrepreneur individuel ;
- la description de l’activité commerciale telle qu’enregistrée au RCS ;
- la mention du régime micro‑entreprise (entrepreneur individuel au régime micro) ;
- la date d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés ;
- les éventuelles décisions de justice impactant l’entreprise (procédure collective, interdictions…).
Chaque élément renseigne un pan de la situation juridique. Ces informations servent de base aux vérifications menées par les banques, les services achats des grands comptes, les donneurs d’ordre publics ou les assureurs.
« L’extrait Kbis fait foi jusqu’à inscription de mentions nouvelles. Tant qu’aucune modification n’est enregistrée, les informations qu’il contient sont réputées exactes. »
Auto‑entrepreneur et Kbis : qui est réellement concerné ?
En micro‑entreprise, tout le monde n’obtient pas un extrait Kbis. La clé réside dans la nature de l’activité principale. Le registre du commerce et des sociétés vise les activités commerciales au sens du code de commerce, pas les professions libérales ni les activités artisanales pures.
Le schéma se résume ainsi :
| Type d’activité | Immatriculation | Document délivré |
|---|---|---|
| Activité commerciale (achat‑revente, e‑commerce, négoce…) | RCS (registre du commerce et des sociétés) | Extrait Kbis |
| Activité artisanale (travaux, fabrication manuelle, services artisanaux) | Répertoire des métiers (RM) | Extrait D1 |
| Activité libérale (conseil, coaching, prestations intellectuelles) | Immatriculation Sirene seulement | Avis de situation Sirene |
Les auto‑entrepreneurs commerçants constituent donc le cœur du sujet. Sans activité commerciale enregistrée au RCS, il n’y a tout simplement pas de Kbis possible. L’administration délivre alors d’autres documents justificatifs adaptés au statut.
Conditions d’obtention du Kbis pour auto‑entrepreneur
Pour qu’un micro‑entrepreneur reçoive un extrait Kbis en bonne et due forme, plusieurs conditions cumulatives doivent être respectées. L’objectif des greffes : s’assurer que l’activité présente un caractère commercial et que le dossier de création reste complet.
Auto‑entrepreneurs concernés et exclus du dispositif
Les auto‑entrepreneurs concernés sont uniquement ceux qui exercent une activité commerciale au sens juridique : achat‑revente de biens, commerce de détail, e‑commerce, dropshipping, négoce de marchandises, courtage commercial, restauration commerciale, certaines activités de services commerciaux.
En face, deux grands groupes ne reçoivent pas de Kbis mais d’autres justificatifs :
- Activités artisanales : les micro‑entrepreneurs inscrits au répertoire des métiers reçoivent un extrait D1. Ce document joue un rôle comparable au Kbis, mais pour les entreprises artisanales.
- Activités libérales : professions de conseil, experts, coachs, formateurs, consultants indépendants, thérapeutes non soumis à l’Ordre, etc. Ils disposent d’un avis de situation Sirene délivré par l’Insee.
La confusion naît souvent du vocabulaire : beaucoup de partenaires demandent un « Kbis » par abus de langage, alors qu’un autre justificatif remplit la même fonction. L’enjeu consiste à identifier le document adapté à son statut, puis à expliquer calmement la différence à son interlocuteur.
Critères à vérifier avant de demander un Kbis
Avant de lancer la demande, plusieurs points méritent une vérification minutieuse afin d’éviter les retours de dossier ou les délais supplémentaires :
- la nature exacte de l’activité déclarée lors de la création (commerciale, artisanale, libérale) ;
- la mention de l’immatriculation au RCS dans les documents officiels ;
- le bon enregistrement de l’adresse du siège ou du domicile ;
- la cohérence entre l’activité réelle et le code APE ;
- l’absence de procédure de radiation ou de suspension.
Ce contrôle préalable évite de constater, lors d’une demande urgente, qu’aucune immatriculation commerciale n’a été finalisée. Dans ce cas, il devient nécessaire de régulariser la situation avant tout traitement par le greffe.
Démarches pour obtenir un extrait Kbis auto‑entrepreneur
Depuis la centralisation des formalités, la voie la plus directe passe par le guichet unique de l’INPI. Ce portail gère la création, la modification et la cessation des micro‑entreprises, puis transmet automatiquement les dossiers au greffe compétent.
L’objectif consiste à constituer un dossier complet dès l’origine, sans oubli de justificatif, afin que le greffe valide rapidement l’immatriculation au RCS et génère le Kbis.
Obtention du Kbis via le guichet unique INPI
Le parcours type pour un auto‑entrepreneur commerçant se déroule en plusieurs étapes logiques. Une fois ce chemin balisé, la procédure se gère depuis un simple navigateur, sans déplacement physique au tribunal.
- 1. Déclaration d’activité sur le guichet unique
Connexion au portail INPI, création ou connexion à un compte utilisateur, choix du formulaire adapté à l’inscription d’une micro‑entreprise. Le futur auto‑entrepreneur décrit son projet, renseigne l’activité et sélectionne le bon régime. - 2. Remplissage du formulaire de création
Saisie des informations d’identité, adresse, caractéristiques de l’activité, options fiscales et sociales. La mention « activité commerciale » doit apparaître clairement afin que le dossier soit dirigé vers le registre du commerce. - 3. Transmission des pièces justificatives
Envoi des scans de pièce d’identité, justificatif de domicile, déclaration sur l’honneur de non‑condamnation, attestation de filiation, éventuellement autorisation d’occupation des locaux. L’INPI vérifie la cohérence de l’ensemble. - 4. Envoi automatique au greffe du tribunal de commerce
Une fois le dossier complet, le guichet unique transmet tout le paquet au greffe compétent selon l’adresse du siège. C’est ce greffe qui statue sur l’immatriculation au RCS. - 5. Validation et émission de l’extrait Kbis
Après validation, le greffe génère l’extrait Kbis, généralement sous format numérique. L’auto‑entrepreneur le reçoit par voie électronique ou par courrier selon les options choisies.
Cette chaîne dématérialisée limite les allers‑retours de documents. Un dossier bien préparé se traduit souvent par une immatriculation fluide et un Kbis disponible en quelques jours ouvrables.
Alternative : demande directe au greffe du tribunal de commerce
Dans certaines situations, l’auto‑entrepreneur sollicite directement le greffe, notamment lorsque l’activité existe déjà et que seule une régularisation ou une copie officielle récente du Kbis est nécessaire. La démarche est alors plus ciblée.
Deux cas de figure se présentent :
- Immatriculation via dossier papier ou dépôt sur place
Le micro‑entrepreneur remet directement au greffe un dossier complet, similaire à celui transmis via l’INPI. Cette modalité subsiste encore dans quelques tribunaux pour des cas particuliers ou pour régularisation. - Demande d’exemplaires supplémentaires de Kbis
Une fois immatriculé, l’auto‑entrepreneur peut commander en ligne ou au guichet plusieurs copies officielles datées de moins de trois mois, utilisables pour les démarches bancaires et administratives.
Le dépôt direct intéresse surtout les profils qui souhaitent un contact humain avec le greffe ou qui rencontrent une difficulté spécifique via la plateforme numérique. Néanmoins, la majorité des créations de micro‑entreprises commerciales transitent désormais par le guichet unique.
Délais d’obtention du Kbis auto‑entrepreneur
Les délais varient selon le volume de dossiers traités par le greffe, la complétude du dossier initial et la taille de la juridiction. Une micro‑entreprise créée dans une grande métropole ne reçoit pas toujours son Kbis dans les mêmes conditions qu’une structure immatriculée dans une ville moyenne.
Délais usuels constatés en pratique
Les données disponibles sur les micro‑entreprises et le fonctionnement des greffes permettent de dégager des fourchettes de temps fréquemment observées pour les Kbis d’auto‑entrepreneurs :
- délai moyen constaté globalement : 3 à 7 jours ouvrables ;
- nombre de greffes annonçant un traitement en 5 à 7 jours ouvrés ;
- certains tribunaux arrivent à délivrer entre 4 et 8 jours selon la charge.
Dans l’idéal, une fois le dossier validé sans réserve, des délais théoriques de 24 à 48 heures existent pour la génération et l’envoi du Kbis. Ce scénario suppose une absence de point bloquant et un flux de dossiers limité.
Pour la réception au siège social par voie postale, une marge de sécurité s’impose. De nombreux auto‑entrepreneurs constatent un délai étendu de 10 à 15 jours entre la demande initiale et la présence effective du document dans la boîte aux lettres.
Variations de délais selon le contexte
Les délais évoluent fortement selon plusieurs paramètres. Les chiffres recueillis montrent un effet de taille et de saison très net sur la durée de traitement :
- Grandes métropoles : les délais doublent fréquemment, en raison du volume de créations d’entreprises. Les greffes de certaines grandes agglomérations traitent un flux massif de dossiers d’auto‑entrepreneurs commerçants.
- Tribunaux de taille moyenne : les délais descendent parfois sous la barre des 3 jours ouvrables lorsque la période reste calme et les dossiers bien constitués.
- Périodes de vacances scolaires : les délais s’allongent, les équipes tournent en effectif réduit, les pics de création décalés génèrent des engorgements temporaires.
Ce contexte rejoint l’évolution structurelle du régime micro‑entrepreneur. En 2025, la France compte 3,186 millions d’auto‑entrepreneurs administrativement actifs, dont 1,614 million réellement en activité. Avec 758 600 créations en 2025 et une part de 65 % dans l’ensemble des nouvelles entreprises, le régime micro pèse de plus en plus lourd dans le flux de dossiers des greffes.
Kbis provisoire : existe‑t‑il une solution d’urgence ?
Certains greffes proposent des dispositifs assimilables à un Kbis provisoire ou à une attestation de situation en cours d’immatriculation. Dans la pratique, de nombreux auto‑entrepreneurs commerçants reçoivent, dans les 48 heures suivant la validation de leur dossier, un document de confirmation utilisable auprès de la banque.
Ce document ne remplace pas définitivement le Kbis, mais il rassure l’établissement financier sur l’état d’avancement du dossier. De plus en plus de banques acceptent ces attestations pour débloquer la procédure d’ouverture de compte, quitte à réclamer l’extrait Kbis définitif quelques semaines plus tard.
Coût de l’extrait Kbis pour auto‑entrepreneur
Contrairement à une idée répandue, la consultation des informations du RCS en ligne se démocratise. Les coûts associés à l’obtention d’un Kbis dépendent surtout de la méthode d’accès et du canal utilisé pour récupérer les copies officielles actualisées.
Tarifs en fonction du canal d’obtention
Les auto‑entrepreneurs commerçants rencontrent généralement deux configurations :
- Consultation et téléchargement en ligne
De nombreux services dématérialisés fournissent un accès gratuit à un extrait comportant les principales informations légales. Cette version numérique répond à la majorité des besoins administratifs courants. - Demande directe au greffe du tribunal de commerce
Pour une copie officielle papier ou un envoi postal, les greffes facturent un coût modéré, autour de 2,50 € par exemplaire, variable selon les options choisies (envoi, nombre de pages, etc.).
Dans un contexte de micro‑entreprise, ce coût reste marginal par rapport aux enjeux abordés : sécurisation des partenariats, ouverture de services bancaires, réponse à un appel d’offres ou à une demande de gros fournisseur.
Fréquence de renouvellement et gestion du budget
Techniquement, un Kbis n’a pas de date de péremption. Toutefois, la plupart des organismes exigent un document datant de moins de trois mois. Au‑delà, ils considèrent que les informations peuvent avoir évolué (procédures collectives, modification d’adresse, changement d’activité).
Les auto‑entrepreneurs ont donc intérêt à gérer leur budget Kbis selon la fréquence de leurs besoins :
- une demande ponctuelle lors de la création pour l’ouverture du compte bancaire professionnel ;
- une actualisation pour un appel d’offres public ou un gros contrat avec un client récurrent ;
- un exemplaire récent pour une demande de financement ou un changement de banque.
En l’absence de besoin particulier, nul besoin de commander systématiquement un nouveau Kbis tous les mois. La gestion raisonnée du calendrier de demandes évite des dépenses inutiles, même modestes.
Validité et actualisation du Kbis auto‑entrepreneur
Un extrait Kbis reflète la situation d’une micro‑entreprise à une date donnée. Dès que l’entrepreneur modifie un élément clé de son activité, une mise à jour devient nécessaire. Ce suivi assure la cohérence entre les informations affichées aux partenaires et la réalité de terrain.
Durée de validité administrative du Kbis
En pratique, les différents interlocuteurs exigent un Kbis de moins de trois mois. Cette tolérance correspond aux usages des banques, des administrations, des donneurs d’ordre publics et des grandes entreprises privées.
Le document reste évidemment valable au‑delà de ce délai, mais il perd son caractère de justificatif « récent ». Lorsqu’une clause contractuelle ou un appel d’offres mentionne explicitement « Kbis de moins de 3 mois », l’entrepreneur doit produire une version à jour, sous peine de voir son dossier écarté.
Obligation de mise à jour en cas de changement
Chaque modification substantielle de la situation de la micro‑entreprise doit être déclarée via le guichet unique de l’INPI, qui transmet ensuite l’information au greffe :
- changement d’adresse du siège ou du domicile de l’entrepreneur ;
- évolution importante de l’activité (ajout d’une branche commerciale, changement de spécialisation) ;
- modification de l’option fiscale ou du régime de TVA pouvant impacter les mentions légales ;
- début ou fin d’une co‑exploitation commerciale (cas particuliers) ;
- procédure de dissolution ou cessation d’activité.
À chaque enregistrement de changement, un nouvel extrait actualisé reflète la situation et devient la référence vis‑à‑vis des partenaires. L’auto‑entrepreneur doit alors fournir cette dernière version lors des vérifications.
Dans quels cas un auto‑entrepreneur a‑t‑il besoin d’un Kbis ?
Les micro‑entrepreneurs ne se voient pas systématiquement réclamer un Kbis au quotidien. Ce document intervient surtout dans les moments structurants de la vie de l’activité, lorsque des partenaires extérieurs cherchent à sécuriser leur relation avec l’entreprise.
Situations courantes où le Kbis est exigé
Pour les auto‑entrepreneurs exerçant une activité commerciale, plusieurs contextes reviennent régulièrement :
- Ouverture de compte bancaire professionnel
La plupart des banques exigent un Kbis pour valider l’ouverture d’un compte dédié à l’activité, même si la loi autorise un simple compte personnel sous certaines conditions. Le Kbis leur permet de vérifier l’existence légale et le statut de la micro‑entreprise. - Signature de contrats commerciaux importants
Les grands clients ou certains fournisseurs stratégiques réclament un Kbis pour confirmer la capacité juridique de l’auto‑entrepreneur à conclure le contrat. Il s’agit d’un réflexe de gestion des risques. - Appels d’offres publics
Les administrations, collectivités locales et établissements publics demandent systématiquement un Kbis récent lors des procédures d’achat. Sans ce document, le dossier est jugé incomplet. - Achat de matériel professionnel onéreux
Pour un crédit‑bail, une location longue durée ou un financement de matériel, les organismes de crédit exigent souvent un Kbis et un jeu de pièces légales récentes. - Justification de l’existence de l’entreprise
Dans certains litiges, pour une demande de subvention, une inscription à un annuaire professionnel ou l’obtention d’une autorisation administrative, un Kbis récent constitue un justificatif solide.
Le Kbis joue donc un rôle central dans la crédibilité commerciale de l’auto‑entrepreneur. Un partenaire qui l’exige ne remet pas en cause la confiance accordée, il applique simplement ses procédures internes.
« Pour un fournisseur, demander un extrait Kbis récent ne relève pas de la méfiance, mais du contrôle normal de conformité. »
Alternatives lorsque le Kbis n’existe pas
De nombreux interlocuteurs utilisent le mot « Kbis » comme synonyme d’« extrait d’immatriculation ». Un auto‑entrepreneur non commerçant peut donc se retrouver sommé de fournir un document qu’il ne possédera jamais. La solution consiste alors à proposer des équivalents acceptés :
- pour une activité artisanale : fournir l’extrait D1 remis par la chambre de métiers et de l’artisanat ;
- pour une activité libérale : transmettre un avis de situation Sirene téléchargé sur le site de l’Insee ;
- pour des secteurs réglementés : joindre éventuellement les autorisations spécifiques (ordre professionnel, carte, licence…).
En expliquant calmement cette distinction, beaucoup de banques ou de clients acceptent ces documents de substitution, surtout lorsqu’ils peuvent vérifier le numéro SIREN et les coordonnées de la micro‑entreprise en ligne.
Erreurs fréquentes lors de la demande de Kbis et moyens de les éviter
Une partie des retards dans l’obtention d’un Kbis d’auto‑entrepreneur provient d’erreurs évitables. Les comprendre aide à anticiper les blocages et à structurer une démarche fluide, particulièrement utile lorsque le temps joue contre l’entrepreneur.
Confusions sur le statut et le type d’activité
De nombreux créateurs s’inscrivent en micro‑entreprise en choisissant une activité de prestations de services sans distinguer l’aspect commercial, artisanal ou libéral. Cette imprécision génère ensuite des incompréhensions avec le greffe :
- formulaire libellé comme « libéral » alors que l’activité relève du commerce ;
- déclaration d’activité artisanale isolée alors que la partie commerciale domine ;
- utilisation d’un libellé flou ne permettant pas de trancher clairement.
Avant la création, un passage par des ressources spécialisées, des fiches métiers ou un conseiller peut lever ces ambiguïtés. Une activité bien qualifiée dès le départ simplifie l’orientation vers le RCS et l’émission du Kbis.
Oublis de pièces justificatives
Les greffes bloquent régulièrement un dossier pour des raisons purement documentaires : pièce d’identité floue, justificatif de domicile périmé, absence de signature sur une déclaration de non‑condamnation, adresse imprécise.
Pour sécuriser la démarche, plusieurs réflexes sont utiles :
- vérifier la lisibilité de chaque document scanné ;
- contrôler la cohérence des adresses entre les pièces ;
- utiliser des justificatifs récents ;
- relire les déclarations avant validation.
Un dossier complet du premier coup raccourcit sensiblement le temps d’obtention du Kbis et limite les échanges supplémentaires avec le greffe.
Demande de Kbis alors que l’activité ne relève pas du commerce
Certaines situations restent plus structurelles. Un auto‑entrepreneur libéral ou un artisan pur peut continuer à demander un Kbis alors que son activité n’ouvre aucune immatriculation au RCS. Le greffe ne peut alors répondre favorablement, même avec la meilleure volonté.
Dans ces cas, le bon réflexe consiste à :
- vérifier le type d’immatriculation (RM, RCS, ou simple inscription Sirene) ;
- identifier le document équivalent (D1, avis de situation Sirene) ;
- transmettre ces pièces à la place du Kbis à la banque ou au client.
Un échange bref avec l’interlocuteur suffit souvent à adapter sa demande et à débloquer la situation, sans attendre un document qui n’existera pas.
Contexte 2025 : un afflux massif de micro‑entrepreneurs commerçants
Pour comprendre les délais et les enjeux actuels autour du Kbis des auto‑entrepreneurs, un détour par les chiffres de 2025 s’impose. La dynamique du régime micro influence directement la charge de travail des greffes et des plateformes d’immatriculation.
Poids croissant des micro‑entreprises dans les créations
En 2025, les micro‑entrepreneurs représentent une proportion majoritaire des nouvelles entreprises. Quelques repères chiffrés éclairent ce mouvement :
- 3,186 millions d’auto‑entrepreneurs administrativement actifs en France ;
- 1,614 million réellement en activité, générant un chiffre d’affaires ;
- 758 600 créations de micro‑entreprises en 2025, soit une augmentation de 6 % par rapport à 2024 ;
- 65 % des créations d’entreprises concernent désormais le régime micro (contre 49 % en 2015).
Cette montée en puissance se traduit directement en volume de demandes d’immatriculation, de modifications et de radiation, donc en afflux de dossiers à traiter pour les greffes qui délivrent les Kbis.
Place du commerce dans cette dynamique
Le secteur du commerce occupe une place significative dans l’univers des auto‑entrepreneurs. Il représente une part notable de la hausse des créations et pèse fortement dans les flux traités par les tribunaux de commerce :
- le commerce constitue le secteur majoritaire parmi les nouvelles micro‑entreprises ;
- il génère près d’un tiers de la hausse des créations en 2025 ;
- au deuxième trimestre 2025, le chiffre d’affaires des auto‑entrepreneurs atteint 8,05 milliards d’euros, en progression annuelle de 5,2 %.
Ces chiffres expliquent pourquoi les délais d’obtention des Kbis commerciaux fluctuent. Les greffes absorbent un flux continu de nouveaux dossiers issus du commerce de détail, de l’e‑commerce, du négoce en ligne et des activités de vente omnicanales.
Articulation entre Kbis, INPI et formalités d’auto‑entrepreneur
L’extrait Kbis n’existe jamais isolément. Il s’inscrit dans un ensemble de démarches : déclaration d’activité, enregistrement au RCS, gestion des numéros SIREN/SIRET, mise à jour des informations. Comprendre cette articulation simplifie la vie de l’auto‑entrepreneur.
Rôle du guichet unique de l’INPI
Depuis la mise en place du guichet unique, toutes les formalités de création, modification et cessation d’activité passent par une interface centralisée. L’INPI ne délivre pas directement le Kbis, mais sert d’intermédiaire entre l’auto‑entrepreneur et les registres officiels.
Le processus suit une logique séquentielle :
- l’auto‑entrepreneur déclare son activité sur la plateforme ;
- l’INPI contrôle la cohérence des données et des justificatifs ;
- la plateforme transmet le dossier au greffe compétent ;
- le greffe inscrit l’entreprise au RCS et émet le Kbis ;
- l’entrepreneur télécharge ou reçoit le document.
Ce schéma permet de concentrer toutes les formalités au même endroit, sans multiplication de portails. Il suppose cependant une maîtrise minimale de l’outil numérique et une attention aux champs à remplir.
Lien avec l’inscription INPI spécifique à certains auto‑entrepreneurs
En parallèle des démarches générales, certains créateurs doivent effectuer une inscription d’auto‑entrepreneur à l’INPI pour la protection de leurs signes distinctifs (marques, dessins, logos). Cette inscription ne remplace pas le Kbis, mais complète la sécurisation du projet.
Le parcours type pour une micro‑entreprise commerciale peut alors combiner plusieurs étapes :
- création de la micro‑entreprise via le guichet unique ;
- immatriculation au RCS et réception du Kbis ;
- enregistrement d’une marque ou d’un nom commercial à l’INPI pour renforcer l’identité ;
- mise à jour régulière des informations légales en cas d’évolution.
Cette articulation renforce la crédibilité de la micro‑entreprise sur deux plans : juridique (Kbis) et industriel/commercial (protection des signes distinctifs).
Place du numéro SIRET dans les démarches autour du Kbis
Le numéro SIRET de l’auto‑entrepreneur constitue la clé de voûte de toutes les démarches administratives. Il identifie précisément l’établissement, son adresse et son rattachement à un SIREN donné.
Lors des demandes de Kbis, le SIREN et le SIRET servent de référence pour :
- retrouver le dossier dans les bases du greffe ;
- vérifier l’existence de l’immatriculation au RCS ;
- consulter les éventuelles mentions de procédures collectives.
En pratique, retenir son SIREN et son SIRET simplifie la communication avec le greffe, la banque, les organismes publics et les plateformes de commande de documents officiels.

