Créer une SASU coûte 175,45 € de frais obligatoires en 2026Cessation des paiements : 45 jours pour la déclarer, pas un de plusMise en sommeil : deux ans maximum, et la CFE reste dueKbis gratuit : trois façons légales de l’obtenirSASU ou EURL : 6 000 € de cotisations d’écart pour 80 000 € de rémunérationMicro-entreprise : 77 700 € de services, 188 700 € de ventes en 2026Créer une SASU coûte 175,45 € de frais obligatoires en 2026Cessation des paiements : 45 jours pour la déclarer, pas un de plusMise en sommeil : deux ans maximum, et la CFE reste dueKbis gratuit : trois façons légales de l’obtenirSASU ou EURL : 6 000 € de cotisations d’écart pour 80 000 € de rémunérationMicro-entreprise : 77 700 € de services, 188 700 € de ventes en 2026
L’analyse sectorielle avant de se lancer 149 €
1Ligne 1 — Idée & projetL’étude de marché · station 3/9 Comment faire une étude de…

Exemple d’étude de marché rédigée : un salon de coiffure à Angers, chiffres à l’appui

Portrait de Martin KaplaPar Martin Kapla
Mis à jour le 19 septembre 2026 · 9 min de lecture

Un salon réalisant 162 000 € de chiffre d’affaires annuel doit servir environ 19 clients par jour avec un panier moyen de 35,60 €. À Angers, ce niveau d’activité suppose une zone de chalandise bien délimitée, une offre différenciée et un besoin de financement proche de 84 000 €.

Exemple d’étude de marché pour un salon de coiffure à Angers

Voici un exemple d’étude de marché rédigé pour l’ouverture, en 2026, d’un salon de coiffure mixte dans le quartier de la Madeleine à Angers. Le projet porte sur un local de 65 m² comprenant trois postes de coiffage et deux bacs. L’équipe prévue réunit la dirigeante, une salariée à temps plein et une apprentie.

Le positionnement retenu est celui d’un salon de proximité situé en milieu de gamme. Les prestations couvrent la coupe, la coloration, les soins et la vente de produits capillaires. Le projet ne cherche pas à pratiquer les prix les plus bas. Il mise sur la réservation, des horaires réguliers, un diagnostic personnalisé et un délai d’attente inférieur à dix minutes.

Indicateur étudié Hypothèse retenue
Population d’Angers Environ 157 000 habitants
Zone de chalandise à moins de 10 minutes 42 000 habitants
Concurrents directs recensés dans la zone 34 salons
Panier moyen prévisionnel 35,60 € TTC
Fréquentation visée 4 550 passages par an
Chiffre d’affaires de croisière 162 000 € TTC
Investissement initial 84 000 €
Seuil de rentabilité estimé 137 000 € de chiffre d’affaires annuel

Le marché apparaît accessible si le local bénéficie d’un passage piéton visible et si le salon atteint progressivement 19 rendez-vous par jour sur 240 jours d’ouverture. L’objectif représente environ 3,6 % du marché théorique local calculé dans la zone de chalandise. Cette part reste cohérente pour une création, sans supposer le transfert massif de clients déjà fidèles à un concurrent.

La règle à retenir : une étude de marché ne valide pas une idée parce que la demande existe. Elle valide un projet lorsque le volume de clients accessible couvre les charges, la rémunération de la direction, les échéances d’emprunt et une marge de sécurité.

Analyser le marché local dans l’ordre

Délimiter la zone de chalandise réelle

L’étude commence par l’adresse envisagée. Une moyenne calculée sur toute l’agglomération masque les différences entre le centre-ville, les quartiers résidentiels et les zones commerciales. Pour le salon étudié, trois périmètres sont retenus : cinq minutes à pied, dix minutes à vélo ou en voiture, puis quinze minutes pour les clients attirés par une prestation spécifique.

La zone principale compte ici 42 000 habitants. Les données à relever auprès de l’INSEE portent sur l’âge, la composition des ménages, les revenus, la mobilité et la densité de population. Le projet vise surtout les actifs de 25 à 59 ans, les familles résidant à proximité et les personnes recherchant un rendez-vous en fin de journée.

Mesurer la demande avec une enquête terrain

Un questionnaire de 120 réponses exploitables constitue une base raisonnable pour ce cas local. L’échantillon doit mêler résidents, salariés du quartier et passants. Les questions portent sur la fréquence des visites, le budget, les prestations achetées, les horaires attendus et les motifs d’insatisfaction.

Dans notre exemple, 61 % des répondants fréquentent un salon au moins une fois tous les deux mois. Le budget médian déclaré atteint 31 € pour une coupe et 74 € pour une coupe avec coloration. Parmi les personnes interrogées, 38 % citent le délai de rendez-vous comme premier irritant, devant le manque de transparence tarifaire à 27 %.

Idée & projetComment faire une étude de marché en 7 étapes (avec les sources gratuites)

Ces déclarations doivent être rapprochées des comportements observés. Un comptage réalisé pendant six créneaux de deux heures permet d’évaluer le passage devant le local. L’exemple retient une moyenne de 96 piétons par heure en semaine et 134 le samedi matin. Le flux ne garantit aucune vente, mais il mesure la visibilité commerciale de l’emplacement.

Recenser les concurrents directs et indirects

Le relevé concurrentiel couvre les salons traditionnels, les coiffeurs à domicile, les barbiers, les enseignes à prix réduit et les prestations proposées dans les communes limitrophes. Chaque établissement est comparé selon son prix, ses horaires, ses avis clients, son accessibilité, son positionnement et ses disponibilités.

Sur les 34 concurrents directs recensés, 11 sont positionnés sur des prix économiques, 18 sur le milieu de gamme et 5 sur une offre supérieure. Neuf ferment avant 19 heures et seuls six proposent une réservation sur des créneaux tardifs. L’opportunité se situe donc moins dans une guerre de prix que dans la disponibilité, la régularité du service et la fidélisation.

Transformer les données de marché en prévision de chiffre d’affaires

Le chiffre d’affaires ne doit pas partir d’un objectif arbitraire. Il résulte du nombre de postes, du temps moyen par prestation, du taux d’occupation et des jours d’ouverture. Avec trois postes, l’équipe dispose d’une capacité maximale théorique supérieure à 30 clients par jour. Cette capacité n’est pas réaliste en permanence en raison des temps de pause, des absences, des prestations longues et des créneaux non réservés.

Prestation Prix moyen TTC Volume annuel Chiffre d’affaires TTC
Coupe femme et coiffage 49 € 1 350 66 150 €
Coupe homme 27 € 1 600 43 200 €
Coloration et techniques 79 € 480 37 920 €
Soins, coiffures et prestations complémentaires 24 € 400 9 600 €
Vente de produits 18 € 285 5 130 €
Total 4 115 ventes ou prestations 162 000 €

Le nombre de tickets clients atteint environ 4 550 lorsque plusieurs prestations sont regroupées sur une même visite et que certains passages ne comprennent qu’un service court. Sur 240 jours d’ouverture, l’objectif correspond à 19 clients par jour. Une montée en charge prudente retient 70 % de cet objectif pendant les trois premiers mois, 85 % pendant les trois suivants, puis 100 % à partir du septième mois.

Trois scénarios sécurisent la décision. Le scénario prudent prévoit 135 000 € de chiffre d’affaires, soit un niveau proche du seuil de rentabilité. Le scénario central atteint 162 000 €. Le scénario dynamique s’établit à 184 000 €, sous réserve d’un taux d’occupation supérieur à 75 % et d’un panier moyen maintenu au-dessus de 36 €.

Budget, financement et règles applicables en 2026

Chiffrer l’investissement de départ

Le besoin initial de 84 000 € comprend 28 000 € de travaux, 24 000 € de mobilier et de matériel, 6 000 € de dépôt de garantie et de droit d’entrée, 4 000 € de stock, 3 000 € de frais de création, 3 000 € de communication d’ouverture et 16 000 € de trésorerie de départ. Cette réserve couvre les premiers loyers, salaires, cotisations et achats avant que la fréquentation atteigne son niveau normal.

Le financement retenu associe 29 000 € d’apport et 55 000 € d’emprunt professionnel sur sept ans. À titre d’hypothèse, un taux de 4,5 % produit une mensualité proche de 765 € hors assurance. Le plan doit conserver une capacité de remboursement suffisante après rémunération de la dirigeante.

Intégrer TVA, statut et fiscalité

La coiffure relève d’une activité artisanale de prestations de services. En entreprise individuelle sous le régime micro-BIC, le plafond annuel de chiffre d’affaires applicable aux prestations de services est fixé à 77 700 €. Ce régime ne correspond donc pas au scénario central de 162 000 €. Le taux micro-social applicable aux prestations de services commerciales ou artisanales est de 21,2 % du chiffre d’affaires encaissé, hors contribution à la formation professionnelle.

La franchise en base de TVA sur les prestations de services s’apprécie selon un seuil annuel de 37 500 € et un seuil majoré de 41 250 €. Le salon étudié facture donc la TVA dès son exploitation normale. Les prestations de coiffure et les ventes de produits relèvent en principe du taux de 20 %. Les déclarations passent notamment par le formulaire CA3 en régime réel normal.

Une société soumise à l’impôt sur les sociétés dépose une déclaration 2065. Le taux réduit d’IS est de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, sous réserve de respecter les conditions de chiffre d’affaires, de détention du capital et de libération du capital. Le taux normal est de 25 %. Les dividendes versés à une personne physique supportent par défaut le prélèvement forfaitaire unique de 30 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux.

Vérifier la qualification professionnelle

L’activité doit être placée sous le contrôle effectif et permanent d’une personne professionnellement qualifiée. Les règles résultent notamment de l’article 16 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 et des textes propres à la coiffure. Selon l’organisation du salon, la qualification repose sur un brevet professionnel, un brevet de maîtrise, un titre reconnu équivalent ou les conditions d’expérience admises par les textes.

La création est déclarée sur le guichet unique géré par l’INPI. Les anciens formulaires M0, M2 et M4 restent des repères usuels, mais les formalités de création, modification et cessation sont désormais transmises en ligne. L’immatriculation doit être engagée avant l’ouverture et le dossier préparé avec les justificatifs d’identité, d’occupation du local, de qualification et les statuts lorsque l’activité est exercée en société.

Coût, délai et pièges de l’étude de marché

Une étude réalisée directement par le porteur de projet demande généralement 5 à 10 jours ouvrés répartis sur deux à quatre semaines. Le budget varie de 300 à 1 200 € pour les déplacements, les comptages, l’impression des questionnaires et l’achat éventuel de données. Une mission externe complète représente souvent 2 000 à 6 000 € HT et trois à six semaines de travail, selon la taille de la zone et le nombre d’entretiens.

Idée & projetPrévisionnel financier : compte de résultat, plan de trésorerie et plan de financement expliqués

Le premier piège consiste à utiliser la population totale d’Angers comme clientèle accessible. Un salon de quartier travaille surtout dans un rayon court. Le deuxième consiste à confondre chiffre d’affaires TTC et ressources disponibles. Sur 162 000 € TTC soumis à 20 % de TVA, le chiffre d’affaires hors taxes est de 135 000 €.

Le troisième risque porte sur les charges de personnel. Une salariée à temps plein ne se résume pas à son salaire net. Le prévisionnel doit intégrer le salaire brut, les cotisations patronales, les congés, les absences, la médecine du travail, la mutuelle et les éventuelles heures supplémentaires. Une hausse de 300 € du coût mensuel chargé réduit le résultat annuel de 3 600 €.

Le bail commercial mérite également une lecture financière. Le loyer, les charges récupérables, la taxe foncière refacturée, le dépôt de garantie et les travaux imposés modifient le seuil de rentabilité. Le statut des baux commerciaux est régi par les articles L.145-1 et suivants du Code de commerce. La destination du bail doit autoriser explicitement la coiffure et la vente de produits associés.

Enfin, les chiffres locaux doivent être datés. Un fichier d’établissements fermé depuis douze mois surestime la concurrence. À l’inverse, ignorer les projets en cours sous-estime l’offre future. Le relevé doit être actualisé juste avant la signature du bail et une seconde fois avant le dépôt du dossier de financement.

Ce qu’il faut retenir

  • Le salon vise 162 000 € TTC avec 19 clients par jour.
  • La zone principale regroupe 42 000 habitants et 34 concurrents directs.
  • Le besoin de financement atteint 84 000 €, dont 16 000 € de trésorerie.
  • Le seuil de rentabilité est estimé à 137 000 € de chiffre d’affaires annuel.
  • L’étude demande 5 à 10 jours ouvrés lorsqu’elle est réalisée directement.

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé


Partagez cet article maintenant !


Réagissez à cet article

Le prochain départ

Une échéance, un chiffre, chaque jeudi matin

Ce qui tombe dans les quinze jours — TVA, IS, CFE, URSSAF, clôture — et le montant ou le formulaire qui va avec. Un e-mail court, sans publicité, désinscription en un clic.

Zéro spam, désinscription en un clic.

05/10DSN et cotisationspaie du mois précédent5
05/11DSN et cotisationspaie du mois précédent5
05/12DSN et cotisationspaie du mois précédent5
15/12Acompte de TVA40 % de la TVA de l’an dernier5
Partagez votre réaction