En 2026, une entreprise individuelle peut être déclarée 100 % en ligne, sans capital social, sans statuts et sans annonce légale. La simplicité apparente du guichet unique ne dispense toutefois pas de choisir correctement l’activité, le régime fiscal, la TVA et la date de début d’exploitation.
Créer une entreprise individuelle sur le guichet unique : la réponse directe
Pour créer une entreprise individuelle, l’entrepreneur doit déposer une formalité de création sur le guichet unique géré par l’INPI. Cette déclaration remplace les anciens formulaires papier P0 et les dépôts séparés auprès du centre de formalités des entreprises. Les formulaires M0, M2 et M4 restent associés aux sociétés et ne servent pas à constituer une entreprise individuelle.
La démarche consiste à ouvrir un compte, renseigner l’identité de l’entrepreneur, décrire précisément l’activité, fixer l’adresse et la date de début, sélectionner les options fiscales et sociales, joindre les justificatifs, signer électroniquement puis payer les frais éventuels. Le dossier est ensuite transmis aux organismes compétents : INSEE, URSSAF, services fiscaux, greffe du tribunal de commerce ou chambre d’agriculture selon l’activité.
L’article L. 123-33 du Code de commerce impose le dépôt électronique des formalités de création, de modification et de cessation auprès de cet organisme unique. Une entreprise individuelle ne possède ni personnalité morale distincte, ni capital social, ni associé.
La règle à retenir : l’entreprise individuelle naît juridiquement autour d’une personne physique. Depuis l’article L. 526-22 du Code de commerce, son patrimoine professionnel est séparé de son patrimoine personnel de plein droit, sous réserve des renonciations, garanties et exceptions prévues par la loi.

Préparer la déclaration avant de commencer la formalité
Définir précisément l’activité exercée
Le libellé de l’activité détermine l’organisme destinataire, le code APE attribué par l’INSEE, le régime social et certaines obligations professionnelles. Une description comme « conseil » est trop vague. Il faut indiquer, par exemple, « conseil en stratégie commerciale auprès de PME, sans activité réglementée ».
Lorsqu’une activité commerciale et une activité libérale sont exercées ensemble, l’activité principale correspond en principe à celle qui produit le chiffre d’affaires dominant. Pour une création, l’entrepreneur retient celle qui devrait occuper la place économique principale. Une mauvaise qualification entraîne une demande de régularisation, un code APE inadapté ou une affiliation sociale erronée.
Choisir l’adresse et la date de début
L’établissement principal peut être fixé au domicile personnel, dans un local commercial ou auprès d’une entreprise de domiciliation. La domiciliation au domicile reste soumise au bail, au règlement de copropriété et aux règles d’urbanisme. Une interdiction contractuelle n’empêche pas toujours la domiciliation administrative temporaire, mais elle interdit généralement d’y recevoir des clients, des marchandises ou des salariés.
Créer sa sociétéCapitaux propres inférieurs à la moitié du capital : la procédure et le délai de régularisationLa déclaration peut être préparée avant le lancement. En pratique, elle est déposée au plus tôt un mois avant la date de début annoncée ou au plus tard dans les 15 jours suivant cette date. Une date trop ancienne expose à des déclarations sociales ou fiscales déjà échues.

Arbitrer entre micro-entreprise, régime réel et TVA
La micro-entreprise n’est pas une forme juridique différente. Il s’agit d’un régime fiscal et social accessible à l’entrepreneur individuel. Pour 2026, les plafonds de chiffre d’affaires à surveiller sont de 203 100 € pour les ventes et activités assimilées et de 83 600 € pour les prestations de services relevant des BIC ou des BNC.
La franchise en base de TVA obéit à des seuils distincts. Les seuils de référence sont de 85 000 €, avec seuil majoré de 93 500 €, pour le commerce et l’hébergement, et de 37 500 €, avec seuil majoré de 41 250 €, pour les prestations de services. Rester sous le plafond micro ne garantit donc pas l’absence de TVA.
Au régime réel, les charges professionnelles sont déduites pour leur montant réel. En micro, l’impôt repose sur le chiffre d’affaires après un abattement forfaitaire. Le choix doit intégrer les achats, le loyer, les déplacements, les investissements et la situation du foyer fiscal.
Remplir la déclaration d’entreprise individuelle étape par étape

Créer le dossier et identifier l’entrepreneur
Après connexion au guichet unique, il faut sélectionner la création d’une entreprise, puis la forme « entrepreneur individuel ». L’état civil doit reproduire exactement la pièce d’identité : nom de naissance, nom d’usage, prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, adresse personnelle et situation matrimoniale.
Le conjoint marié ou pacsé qui participe régulièrement à l’activité doit disposer d’un statut : conjoint collaborateur, conjoint salarié ou conjoint associé lorsque la structure le permet. Dans une entreprise individuelle, le statut de conjoint associé est exclu faute de société. Une attestation d’information du conjoint sur les conséquences des dettes professionnelles peut être demandée selon la situation.
Déclarer l’établissement et les activités
Le dossier doit préciser l’adresse de l’établissement principal, l’enseigne éventuelle, l’origine de l’activité et la date de commencement. Une création pure se distingue d’un achat de fonds, d’une location-gérance, d’une reprise ou d’un apport. En cas d’achat d’un fonds de commerce, l’acte enregistré et les formalités de publicité deviennent nécessaires.
Chaque activité doit être ajoutée séparément. Le déclarant précise sa nature commerciale, artisanale, libérale ou agricole, son caractère principal ou secondaire et son mode d’exercice. Pour une profession réglementée, le diplôme, l’autorisation ou l’inscription à l’ordre professionnel doit être joint.
Renseigner les options fiscales et sociales
Le guichet demande le régime d’imposition des bénéfices, le régime de TVA et, pour le micro-entrepreneur, la périodicité mensuelle ou trimestrielle des déclarations sociales. Les cotisations micro-sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé. Les taux de référence atteignent notamment 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales et 26,1 % pour de nombreuses activités libérales non réglementées en 2026, hors contribution à la formation professionnelle.
L’entreprise individuelle relève normalement de l’impôt sur le revenu. Une option pour l’impôt sur les sociétés reste ouverte par assimilation à une EURL, conformément à l’article 1655 sexies du CGI. Le bénéfice imposable supporte alors l’IS au taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 €, si les conditions sont remplies, puis au taux normal de 25 %. La rémunération et les prélèvements du dirigeant doivent être anticipés avant cette option.
Joindre les justificatifs, signer et transmettre
Le dossier comprend généralement une copie lisible de la pièce d’identité accompagnée d’une attestation de conformité, un justificatif d’adresse, une déclaration sur l’honneur de non-condamnation avec filiation et, selon le dossier, un justificatif de qualification, un contrat de domiciliation, un bail, un acte d’achat ou un mandat.
Avant la signature, le récapitulatif doit être relu ligne par ligne. Une adresse incomplète, une activité mal classée ou une option de TVA incohérente bloque souvent l’instruction. La signature électronique valide la déclaration. Un accusé de réception et un numéro de suivi sont alors générés.
Exemple chiffré de déclaration
Une consultante en communication installée à Nantes prévoit 52 000 € de chiffre d’affaires annuel, avec 6 000 € de dépenses. Elle peut retenir l’entreprise individuelle au régime micro-BNC puisque ses recettes restent sous 83 600 €. En revanche, son chiffre d’affaires dépasse le seuil de franchise de TVA applicable aux services. Elle doit donc anticiper la facturation de la TVA, les déclarations CA3 si elle relève du régime réel normal, ainsi que la collecte et le reversement de la taxe.
Coût de création et délai d’immatriculation en 2026
Le dépôt sur le guichet unique n’entraîne pas de frais de service propres à l’INPI. Le montant demandé correspond aux frais d’immatriculation ou de registre applicables à l’activité. Contrairement à une société, l’entreprise individuelle ne publie pas d’annonce légale et ne supporte aucun coût de rédaction de statuts.
| Nature de l’activité | Coût indicatif de création | Interlocuteur chargé du contrôle |
|---|---|---|
| Activité libérale non réglementée | 0 € | URSSAF |
| Micro-entreprise commerciale ou artisanale | 0 € dans le cas général | Greffe ou registre compétent |
| Entreprise individuelle commerciale au réel | Environ 21,41 € | Greffe du tribunal de commerce |
| Entreprise individuelle artisanale au réel | Environ 45 € | Registre national des entreprises |
| Agent commercial | Environ 23,86 € | Registre spécial des agents commerciaux |
Les tarifs réglementés sont susceptibles d’être révisés. Le montant définitif apparaît avant le paiement. Une activité mixte ou une inscription sur un registre spécial entraîne des frais supplémentaires.
Créer sa sociétéKbis gratuit : les 3 façons légales d’obtenir son extrait sans payerUn dossier complet est généralement traité sous 3 à 7 jours ouvrés. L’attribution définitive du numéro SIREN, du SIRET et du code APE prend souvent 8 à 15 jours ouvrés. Une profession réglementée, une activité mixte ou une pièce rejetée porte fréquemment le délai total à 2 ou 3 semaines.
Après validation, l’entrepreneur reçoit son justificatif d’immatriculation au Registre national des entreprises. Le greffe délivre également un extrait d’immatriculation lorsqu’une inscription au registre du commerce et des sociétés est requise. Le service des impôts adresse ensuite les éléments utiles à l’espace professionnel et aux obligations de TVA.
Pièges et cas particuliers après la déclaration
Confondre chiffre d’affaires, bénéfice et seuil de TVA
Le chiffre d’affaires correspond aux sommes encaissées, sans déduction des charges en micro-entreprise. Le bénéfice imposable résulte ensuite de l’abattement forfaitaire. Les seuils micro et les seuils de TVA fonctionnent séparément. Une entreprise peut rester micro tout en facturant la TVA.
Oublier les mentions propres à l’entreprise individuelle
Les factures, devis, contrats, courriers professionnels et documents commerciaux doivent faire apparaître le nom de l’entrepreneur précédé ou suivi immédiatement de la mention « entrepreneur individuel » ou « EI ». Cette règle découle notamment de l’article R. 526-27 du Code de commerce.
Un compte bancaire dédié devient obligatoire pour le micro-entrepreneur lorsque le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Pour un entrepreneur individuel au réel, la séparation bancaire facilite la comptabilité et la preuve du caractère professionnel des opérations, même lorsque les textes n’imposent pas un compte qualifié de professionnel.
Présumer que tous les biens personnels sont intouchables
La séparation des patrimoines protège en principe les biens personnels contre les créanciers professionnels. Des exceptions subsistent en cas de fraude, de manquements fiscaux ou sociaux graves, de sûreté consentie ou de renonciation expresse au bénéfice de la séparation. La résidence principale bénéficie en outre de l’insaisissabilité de plein droit prévue par l’article L. 526-1 du Code de commerce.
Modifier ou cesser l’activité par le mauvais formulaire
Une modification d’adresse, d’activité, de nom commercial ou d’option doit être déclarée sur le guichet unique. Il ne faut pas déposer un formulaire M2, réservé aux personnes morales. La cessation d’une entreprise individuelle passe également par une formalité électronique, et non par un formulaire M4. Les dernières déclarations fiscales restent dues : déclaration de résultat, CA3 de TVA le cas échéant et régularisation des cotisations sociales.
Ce qu’il faut retenir
- La création se dépose 100 % en ligne sur le guichet unique.
- Aucun capital, aucun statut et aucune annonce légale ne sont requis.
- Le traitement prend généralement 3 à 15 jours ouvrés.
- Le coût varie de 0 € à environ 45 € selon l’activité.
- En 2026, le plafond micro atteint 203 100 € en vente et 83 600 € en services.
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