Une SCI doit compter au moins 2 associés, même lorsqu’une seule personne finance l’intégralité du projet immobilier. Cette règle n’interdit pas de conserver 99 % ou davantage des parts sociales, à condition que le second associé dispose d’une participation réelle et assume les droits et obligations correspondants.
Créer une SCI seul : la loi impose au moins deux associés
Il n’est pas possible de créer une SCI seul. L’article 1832 du Code civil définit la société comme un contrat conclu entre deux ou plusieurs personnes. Contrairement à l’EURL ou à la SASU, aucune forme de SCI unipersonnelle n’existe en droit français.
Les statuts doivent donc être signés par au moins deux associés. Il peut s’agir de personnes physiques ou de personnes morales. Aucun lien familial n’est exigé. Un conjoint, un partenaire de Pacs, un enfant, un parent, un ami ou une société peut détenir la seconde participation.
La répartition du capital n’a pas besoin d’être équilibrée. Un associé peut détenir 99 parts sur 100 et le second une seule part. Cette participation minoritaire doit toutefois être réelle. Le second associé souscrit ou reçoit des parts, participe aux décisions collectives et supporte la responsabilité attachée à sa qualité.
La règle à retenir est simple : une SCI exige deux associés lors de son immatriculation, mais aucun texte n’impose une répartition minimale du capital entre eux.
Le capital social d’une SCI est librement fixé. Il peut commencer à 1 €, mais un capital de 100 € ou 1 000 € facilite la répartition des parts entre les associés. Un capital symbolique risque aussi de réduire la crédibilité du dossier auprès d’une banque appelée à financer l’acquisition.

Quelles solutions lorsqu’on ne dispose pas d’associé ?
Faire entrer un associé très minoritaire
La solution la plus courante consiste à attribuer une faible fraction du capital à une personne de confiance. Avec un capital de 1 000 € divisé en 1 000 parts de 1 €, le porteur du projet peut souscrire 999 parts et le second associé une part.
Cette organisation doit être cohérente avec les statuts. Les droits de vote sont généralement proportionnels au nombre de parts, mais certaines décisions peuvent relever de règles de majorité aménagées. Le gérant, même largement majoritaire, reste tenu de convoquer les assemblées, de rédiger les procès-verbaux et de respecter le droit d’information du minoritaire.
Un simple prête-nom dépourvu de volonté de s’associer expose la SCI à un risque de contestation. Le versement de l’apport, l’inscription dans le registre des associés et la participation aux décisions permettent de démontrer la réalité de l’association.
Associer un conjoint, un enfant ou une société
Le conjoint ou le partenaire de Pacs peut devenir associé, sous réserve de vérifier le régime matrimonial et l’origine des fonds. Lorsqu’un époux utilise des biens communs pour souscrire des parts non négociables, l’article 1832-2 du Code civil impose d’en informer son conjoint. Celui-ci peut revendiquer la qualité d’associé pour la moitié des parts financées avec les biens communs.
Créer sa sociétéAttestation de domiciliation : le modèle et qui doit la signerUn enfant mineur peut également détenir des parts de SCI. Il est représenté par ses administrateurs légaux. Cette solution appelle une rédaction prudente, car les associés répondent indéfiniment des dettes sociales à proportion de leur participation, selon les articles 1857 et 1858 du Code civil. Certains actes de disposition ou montages comportant un emprunt significatif peuvent nécessiter une autorisation du juge.
Une société existante peut enfin détenir la part minoritaire. Cette option concerne notamment un dirigeant possédant déjà une EURL, une SASU ou une holding. Les flux financiers, les conventions entre structures et le traitement comptable doivent alors être documentés.
Acheter seul sans constituer de SCI
Lorsque personne ne souhaite entrer au capital, l’acquisition en nom propre reste la solution juridique directe. Le propriétaire détient seul l’immeuble, perçoit les loyers et prend les décisions sans assemblée générale. La transmission progressive du patrimoine et l’organisation entre héritiers sont toutefois moins souples qu’avec des parts de SCI.
Une EURL ou une SASU permet aussi d’investir seul, mais ces sociétés commerciales ne reproduisent pas le régime civil de la SCI. Elles relèvent généralement de l’impôt sur les sociétés, supportent des obligations comptables plus lourdes et modifient la fiscalité de la revente. Elles sont davantage adaptées à une activité commerciale ou à un projet d’exploitation qu’à la simple détention familiale d’un immeuble loué nu.
| Solution | Nombre de membres | Fiscalité habituelle | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| SCI avec associé minoritaire | 2 minimum | IR par défaut, option IS possible | Participation du minoritaire réelle |
| Achat en nom propre | 1 propriétaire | Revenus fonciers à l’IR | Transmission moins modulable |
| EURL | 1 associé | IR sous conditions ou IS | Cotisations du gérant sur certaines rémunérations |
| SASU | 1 associé | IS, dividendes soumis au PFU | Structure commerciale et comptabilité complète |
Créer la SCI avec un associé minoritaire : les démarches dans l’ordre
Définir le projet, les apports et la répartition des parts
Les associés commencent par définir l’objet social, le siège, la durée de la SCI, limitée à 99 ans, le montant du capital et la répartition des parts. L’objet doit viser la détention, la gestion et, si nécessaire, la mise en location d’immeubles. Une rédaction trop large incluant une activité habituelle d’achat-revente expose la structure à une qualification commerciale.
Les apports peuvent être effectués en numéraire ou en nature. L’apport d’un immeuble requiert un acte notarié. Il entraîne des frais de publicité foncière et peut générer une plus-value ou des droits d’enregistrement selon la situation fiscale de l’apporteur.
Rédiger et signer les statuts
Les statuts fixent les pouvoirs du gérant, les majorités, les conditions de cession des parts, les règles d’agrément et les modalités de consultation des associés. Avec une répartition de 99 % contre 1 %, les clauses de majorité doivent éviter à la fois le blocage de la SCI et la suppression abusive des droits du minoritaire.
Le gérant est nommé dans les statuts ou par un acte séparé. Une nomination séparée facilite son remplacement, car elle évite généralement une modification statutaire. Le gérant doit accepter ses fonctions et déclarer qu’il ne fait l’objet d’aucune interdiction de gérer.
Publier l’annonce légale et déposer le dossier
Un avis de constitution est publié dans un support habilité du département du siège social. Il reprend notamment la dénomination, la forme, le capital, l’adresse, l’objet, la durée, l’identité du gérant et les règles de cession des parts.
La demande d’immatriculation est ensuite déposée sur le guichet unique de l’INPI. Le formulaire papier M0 n’est plus utilisé pour le dépôt courant, mais les informations demandées restent équivalentes. Le dossier comprend notamment les statuts signés, l’attestation de parution, le justificatif du siège, la pièce d’identité du gérant, sa déclaration de non-condamnation et la déclaration des bénéficiaires effectifs.
Un associé détenant plus de 25 % du capital ou des droits de vote, ou exerçant un contrôle par un autre moyen, doit être déclaré comme bénéficiaire effectif. Dans une SCI répartie à 99 % et 1 %, l’associé à 99 % est directement concerné.
Respecter les obligations fiscales après l’immatriculation
Une SCI relevant de l’impôt sur le revenu dépose chaque année une déclaration de résultat adaptée à son régime, puis répartit le bénéfice entre les associés. Chaque associé est imposé sur sa quote-part, même si la trésorerie reste sur le compte bancaire de la SCI.
En cas d’option pour l’impôt sur les sociétés, la SCI dépose une déclaration 2065. Le taux réduit de 15 % s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfice lorsque les conditions sont remplies, puis le taux normal de 25 % prend le relais. Les dividendes versés à une personne physique relèvent en principe du prélèvement forfaitaire unique de 30 %.
La location nue d’un logement est en principe exonérée de TVA. Lorsqu’une activité taxable est exercée ou qu’une option à la TVA est valable, des déclarations CA3 peuvent devenir nécessaires. Toute modification ultérieure passe par le guichet unique : les informations correspondent à l’ancien formulaire M2. La dissolution et la radiation reprennent les données autrefois portées sur le formulaire M4.
Coût et délai de création d’une SCI en 2026
Le coût dépend du département, de la rédaction des statuts et de la présence éventuelle d’un apport immobilier. Pour une SCI constituée sans notaire et sans accompagnement payant, le budget administratif reste généralement inférieur à 300 € hors dépôt du capital.
| Dépense | Montant indicatif 2026 |
|---|---|
| Capital social | 1 € minimum légal, mais 100 € à 1 000 € sont souvent plus pratiques |
| Annonce légale de constitution en métropole | Environ 191 € HT au tarif forfaitaire |
| Immatriculation et bénéficiaires effectifs | Environ 66,88 € TTC |
| Rédaction des statuts | 0 € en rédaction autonome ; souvent 500 € à 2 000 € avec un professionnel |
| Apport d’un immeuble | Frais de notaire, publicité foncière et fiscalité variables |
Les tarifs réglementés sont actualisés périodiquement. Le montant affiché par le guichet unique et le support d’annonces légales au jour du dépôt reste le montant exigible.
Créer sa sociétéCode APE / NAF : le trouver, le contester, et ce qu’il détermineUne fois le dossier complet, l’immatriculation prend généralement 3 à 7 jours ouvrés. Un rejet pour objet social imprécis, justificatif de siège incomplet ou bénéficiaire effectif mal déclaré ajoute souvent 5 à 10 jours ouvrés. Avec la rédaction, la signature et la publication de l’annonce, un calendrier réaliste se situe entre 7 et 15 jours ouvrés.
Fiscalité, associé unique de fait et autres pièges
Mesurer l’effet fiscal d’une répartition 99 % / 1 %
Prenons une SCI située à Lyon qui loue nu un local professionnel. Elle encaisse 36 000 € de loyers annuels et déduit 12 000 € de charges et d’intérêts, soit un résultat foncier de 24 000 €. L’associé à 99 % déclare 23 760 € et le second 240 €, sans tenir compte ici des déficits antérieurs.
Si l’associé principal relève de la tranche marginale à 30 %, sa quote-part supporte, dans cette simulation, 30 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit environ 11 215 €. Cette imposition existe même en l’absence de distribution bancaire. À l’IS, un résultat taxable de 24 000 € soumis au taux réduit de 15 % génère 3 600 € d’impôt, mais la fiscalité des dividendes et la plus-value de cession future doivent aussi être intégrées au calcul.
Éviter la location meublée habituelle dans une SCI à l’IR
La location meublée constitue une activité commerciale sur le plan fiscal. Lorsqu’elle devient habituelle et dépasse la tolérance administrative applicable aux recettes commerciales accessoires, généralement appréciée autour de 10 % des recettes totales, la SCI risque un assujettissement à l’IS. La location saisonnière, la para-hôtellerie et l’achat-revente appellent donc une analyse préalable du véhicule juridique.
Régulariser une SCI qui ne compte plus qu’un seul associé
Une SCI peut devenir unipersonnelle après sa création, par exemple lorsqu’un associé rachète toutes les parts ou recueille celles du second associé par succession. La réunion de toutes les parts entre les mains d’une seule personne n’entraîne pas automatiquement la dissolution.
Selon l’article 1844-5 du Code civil, une personne intéressée peut demander la dissolution si la situation n’a pas été régularisée dans un délai de 1 an. Le tribunal peut accorder un délai supplémentaire maximal de 6 mois. La régularisation consiste généralement à céder ou donner au moins une part à un nouvel associé, puis à mettre à jour le registre des associés et, selon les clauses statutaires, à organiser l’agrément.
La transmission universelle du patrimoine sans liquidation n’est pas ouverte lorsque l’associé unique est une personne physique. Lorsqu’une personne morale devient seule associée, le mécanisme doit être examiné avec les conséquences fiscales, comptables et immobilières de la dissolution.
Ne pas sous-estimer la responsabilité des associés
Les associés d’une SCI ne bénéficient pas d’une responsabilité limitée au montant de leurs apports. Ils répondent indéfiniment des dettes sociales à proportion de leur participation. Le créancier doit toutefois poursuivre préalablement et vainement la SCI avant de se retourner contre eux.
Dans une répartition à 99 % et 1 %, l’associé principal supporte économiquement presque tout le risque. Une caution personnelle donnée à la banque peut encore accroître cette exposition. Le second associé doit être informé que sa part symbolique n’efface ni ses obligations juridiques ni sa responsabilité proportionnelle.
Ce qu’il faut retenir
- Une SCI exige 2 associés minimum lors de sa constitution.
- Une répartition de 99 % / 1 % est autorisée si le second associé est réel.
- Le budget administratif 2026 est d’environ 258 € hors taxes et accompagnement.
- L’immatriculation demande généralement 3 à 7 jours ouvrés avec un dossier complet.
- Une SCI devenue unipersonnelle doit être régularisée dans un délai de 1 an.
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- Ligne 3 · Créer sa société — le terminus et toutes ses stations
- Le Coût de création — l’outil de la ligne




