Créer une SASU coûte 175,45 € de frais obligatoires en 2026Cessation des paiements : 45 jours pour la déclarer, pas un de plusMise en sommeil : deux ans maximum, et la CFE reste dueKbis gratuit : trois façons légales de l’obtenirSASU ou EURL : 6 000 € de cotisations d’écart pour 80 000 € de rémunérationMicro-entreprise : 77 700 € de services, 188 700 € de ventes en 2026Créer une SASU coûte 175,45 € de frais obligatoires en 2026Cessation des paiements : 45 jours pour la déclarer, pas un de plusMise en sommeil : deux ans maximum, et la CFE reste dueKbis gratuit : trois façons légales de l’obtenirSASU ou EURL : 6 000 € de cotisations d’écart pour 80 000 € de rémunérationMicro-entreprise : 77 700 € de services, 188 700 € de ventes en 2026
L’analyse sectorielle avant de se lancer 149 €
3Ligne 3 — Créer sa sociétéL’entreprise individuelle · station 8/8

Charges sociales d’une entreprise individuelle au réel : taux et calcul 2026

Portrait de Corentin RicardPar Corentin Ricard
Mis à jour le 21 novembre 2026 · 9 min de lecture

En 2026, un entrepreneur individuel au régime réel supporte généralement des cotisations sociales représentant environ 30 % à 45 % de son revenu professionnel avant cotisations. Le taux réel varie selon le bénéfice, l’activité, la caisse de retraite et les exonérations applicables.

Entreprise individuelle : quelles charges sociales au réel en 2026 ?

Pour une entreprise individuelle, les charges sociales ne sont pas calculées directement sur le chiffre d’affaires. Au régime réel, elles reposent sur le revenu professionnel déterminé après déduction des dépenses nécessaires à l’activité, puis application des règles propres à l’assiette sociale.

En pratique, le montant global atteint couramment 30 % à 45 % du revenu avant cotisations. Ce pourcentage n’est pas un taux forfaitaire. Il résulte de l’addition de plusieurs cotisations : maladie-maternité, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, CSG-CRDS et contribution à la formation professionnelle.

La règle à retenir : au régime réel, les cotisations d’un entrepreneur individuel sont calculées sur son revenu professionnel et non sur son chiffre d’affaires. Deux entreprises réalisant le même chiffre d’affaires peuvent donc payer des montants très différents.

Cotisation 2026 Taux ou règle générale Assiette ou plafond
Maladie-maternité Taux progressif, jusqu’à environ 8,50 % Selon le revenu rapporté au PASS
Indemnités journalières Environ 0,50 % pour les artisans et commerçants Dans la limite de 5 PASS
Retraite de base 17,87 % jusqu’au PASS, puis 0,72 % Revenu professionnel
Retraite complémentaire des indépendants Environ 8,10 %, puis 9,10 % Tranches de revenu
Invalidité-décès Environ 1,30 % Dans la limite du PASS
Allocations familiales De 0 % à 3,10 % Taux progressif selon le revenu
CSG-CRDS 9,70 % Assiette sociale définie par le Code de la sécurité sociale
Formation professionnelle 0,25 % à 0,29 % du PASS Montant annuel forfaitaire

Le plafond annuel de la Sécurité sociale, ou PASS, est fixé à 48 060 € en 2026, soit 4 005 € par mois. Ce montant sert à déterminer les tranches et les plafonds de plusieurs cotisations.

Ces taux concernent principalement les artisans et commerçants relevant de la Sécurité sociale des indépendants. Les professions libérales affiliées à la CNAVPL ou à une caisse professionnelle appliquent des règles de retraite différentes.

Comment calculer l’assiette sociale d’une entreprise individuelle ?

Partir du chiffre d’affaires et déduire les charges professionnelles

Le calcul commence par le chiffre d’affaires hors taxes encaissé ou acquis selon la catégorie fiscale applicable. Les dépenses professionnelles déductibles sont ensuite retranchées : achats, sous-traitance, loyers, assurances, honoraires, déplacements, amortissements et frais de personnel.

Le résultat obtenu correspond au revenu professionnel avant prise en compte des cotisations personnelles du chef d’entreprise. Depuis la réforme de l’assiette sociale applicable aux revenus réalisés à partir de 2025, l’article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale prévoit une assiette unifiée reposant sur ce revenu, diminué d’un abattement de 26 %.

Créer sa sociétéPrix d’une domiciliation : les tarifs réels par ville et ce qui est inclus

Cet abattement est encadré. Son montant ne peut être inférieur à environ 1,76 % du PASS, soit près de 846 € en 2026, ni supérieur à 130 % du PASS, soit 62 478 €.

  • Chiffre d’affaires annuel hors taxes : 100 000 €.
  • Dépenses professionnelles hors cotisations personnelles : 35 000 €.
  • Revenu avant cotisations : 65 000 €.
  • Abattement social de 26 % : 16 900 €.
  • Assiette sociale indicative : 48 100 €.

La CSG et la CRDS relèvent notamment de l’article L. 136-3 du Code de la sécurité sociale. Une partie de la CSG est déductible du revenu fiscal, tandis que la CRDS et la fraction non déductible de la CSG restent fiscalement réintégrées.

Ne pas confondre bénéfice fiscal et assiette sociale

Le bénéfice imposable sert au calcul de l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, ou BIC, ou des bénéfices non commerciaux, ou BNC. L’assiette sociale suit désormais une méthode propre. Les deux montants peuvent donc différer.

L’entrepreneur individuel est imposé par défaut à l’impôt sur le revenu. S’il opte pour l’assimilation à une EURL et l’impôt sur les sociétés, la rémunération et une partie des revenus distribués entrent dans l’assiette sociale selon des règles distinctes. L’IS s’applique au taux réduit de 15 % sur la fraction de bénéfice remplissant les conditions légales, puis au taux normal de 25 %.

Déclaration et paiement des cotisations sociales dans l’ordre

Déclarer la création sur le guichet unique

La création de l’entreprise individuelle est déposée sur le guichet unique de l’INPI. L’ancien formulaire papier P0 n’est plus utilisé pour accomplir directement la formalité. Les informations sont transmises à l’INSEE, à l’administration fiscale et à l’URSSAF.

L’immatriculation d’une entreprise individuelle commerciale au registre national des entreprises et au registre du commerce et des sociétés est en principe gratuite hors situations particulières. Une activité artisanale peut entraîner des frais liés à certaines formalités ou prestations facultatives. Aucune annonce légale n’est exigée pour créer une entreprise individuelle classique.

Payer des cotisations provisionnelles

Les premières cotisations ne sont pas immédiatement calculées sur le revenu réel, puisque celui-ci n’est pas encore connu. L’URSSAF appelle des cotisations provisionnelles forfaitaires. Le premier prélèvement intervient au moins 90 jours après le début de l’activité.

Le dirigeant choisit généralement un paiement mensuel, le 5 ou le 20 de chaque mois, ou un paiement trimestriel. Une estimation de revenu peut être transmise à l’URSSAF afin d’éviter des appels trop élevés ou une régularisation future difficile à financer.

Déclarer le revenu puis régulariser

La déclaration sociale des indépendants séparée a été supprimée. Le revenu professionnel est désormais renseigné avec la déclaration fiscale annuelle, notamment dans la déclaration 2042-C-PRO et son volet social. L’administration fiscale transmet les données à l’URSSAF.

Après réception du revenu définitif, l’URSSAF :

  • régularise les cotisations dues au titre de l’année précédente ;
  • recalcule les échéances provisionnelles de l’année en cours ;
  • détermine les premiers appels de l’année suivante.

Un revenu supérieur à l’estimation entraîne un complément. Un revenu inférieur produit un remboursement ou une imputation sur les échéances suivantes. La mise à jour intervient généralement quelques semaines après la déclaration fiscale, selon son calendrier de dépôt.

Exemple de calcul des charges sociales en 2026

Un plombier exerce en entreprise individuelle à Lyon. Il relève du régime réel des BIC. En 2026, son chiffre d’affaires hors taxes atteint 110 000 €. Ses achats, frais de véhicule, assurances, loyers et autres dépenses représentent 40 000 €, hors cotisations personnelles.

Son revenu avant cotisations s’élève donc à 70 000 €. Après l’abattement social de 26 %, son assiette indicative atteint 51 800 €.

Prélèvement Calcul indicatif Montant arrondi
Maladie-maternité et indemnités journalières Taux progressif selon le niveau de revenu 3 600 €
Retraite de base 17,87 % jusqu’à 48 060 €, puis 0,72 % 8 615 €
Retraite complémentaire 8,10 %, puis 9,10 % sur la tranche supérieure 4 235 €
Invalidité-décès Environ 1,30 % dans la limite du PASS 625 €
Allocations familiales Taux nul ou progressif selon le seuil atteint 0 € à 200 €
CSG-CRDS 9,70 % de l’assiette concernée 5 025 €
Formation professionnelle artisan 0,29 % du PASS 139 €

Le total ressort autour de 22 200 €, sous réserve des paramètres définitifs appliqués par l’URSSAF et la caisse de retraite. Les charges sociales représentent ici près de 31,7 % du revenu avant cotisations et environ 42,9 % de l’assiette sociale après abattement.

Le plombier conserve environ 47 800 € avant impôt sur le revenu. Ce montant ne correspond pas à sa trésorerie disponible si des investissements, des remboursements d’emprunt ou des dépenses non déductibles restent à payer.

Pièges et cas particuliers des charges sociales

Anticiper la régularisation de la deuxième année

Une entreprise en croissance reçoit souvent des appels provisionnels inférieurs à sa dette finale. La régularisation s’ajoute alors aux nouvelles échéances. Pour limiter ce décalage, une provision mensuelle de 35 % à 45 % du revenu avant cotisations offre une marge adaptée à de nombreuses activités au réel.

Créer sa sociétéEntreprise individuelle à l’IS : l’option, ses effets et quand elle se justifie

Une modulation volontaire fondée sur un revenu trop faible expose à un complément élevé. Des majorations sont également susceptibles de s’appliquer lorsqu’une sous-estimation excessive ne repose pas sur des éléments cohérents.

Vérifier les cotisations minimales en cas de déficit

Un bénéfice nul ou un déficit ne supprime pas tous les prélèvements. Des cotisations minimales peuvent rester dues, notamment pour valider des droits à la retraite de base, financer les indemnités journalières ou couvrir l’invalidité-décès. Leur cumul varie selon l’activité et la caisse, mais un budget d’environ 1 000 € à 1 500 € par an doit souvent être anticipé.

Appliquer correctement l’ACRE

L’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise accorde une exonération partielle de certaines cotisations aux créateurs remplissant les conditions. L’allègement concerne notamment la maladie, les allocations familiales, la retraite de base et l’invalidité-décès. Il ne couvre pas la CSG-CRDS, la retraite complémentaire ni la contribution à la formation professionnelle.

Pour une entreprise individuelle hors régime micro-social, la demande et les justificatifs doivent être transmis selon la procédure applicable à la création. La durée de l’exonération dépend de la date de début d’activité et se termine au plus tard après la période légale prévue. Un démarrage en début de trimestre offre généralement une période d’allègement plus longue qu’un démarrage en fin de trimestre.

Identifier la caisse de retraite des professions libérales

Les taux de retraite présentés pour les artisans et commerçants ne doivent pas être appliqués mécaniquement à un architecte, un médecin, un avocat ou une autre profession libérale réglementée. Ces activités relèvent de la CNAVPL ou d’une section professionnelle dotée de tranches, de points et de cotisations propres.

Les professions libérales non réglementées peuvent relever du régime général des indépendants ou, pour certaines activités et situations historiques, de la CIPAV. La caisse d’affiliation doit être contrôlée dès l’immatriculation, car elle modifie sensiblement le coût social et les droits futurs.

Distinguer cotisations sociales, TVA et impôt

La TVA collectée n’est ni un revenu ni une cotisation sociale. Une entreprise au régime réel de TVA reverse la taxe après déduction de la TVA sur ses achats, au moyen d’une déclaration CA3 au régime réel normal. De même, l’impôt sur le revenu reste personnel et s’ajoute aux prélèvements sociaux.

L’entrepreneur individuel bénéficie d’une séparation de plein droit entre patrimoine professionnel et patrimoine personnel conformément à l’article L. 526-22 du Code de commerce. Cette protection ne réduit pas les cotisations dues et ne neutralise pas les garanties personnelles consenties, les fraudes ou certains manquements fiscaux et sociaux.

Ce qu’il faut retenir

  • Les charges sociales représentent couramment 30 % à 45 % du revenu avant cotisations.
  • L’assiette sociale applique un abattement de 26 %, dans les limites légales.
  • Le PASS 2026 est fixé à 48 060 €.
  • Le premier paiement intervient au moins 90 jours après le début d’activité.
  • Une réserve mensuelle de 35 % à 45 % limite le risque de régularisation.

Donnez votre avis

★★★★★

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé


Partagez cet article maintenant !


Réagissez à cet article

Le prochain départ

Une échéance, un chiffre, chaque jeudi matin

Ce qui tombe dans les quinze jours — TVA, IS, CFE, URSSAF, clôture — et le montant ou le formulaire qui va avec. Un e-mail court, sans publicité, désinscription en un clic.

Zéro spam, désinscription en un clic.

05/11DSN et cotisationspaie du mois précédent5
05/12DSN et cotisationspaie du mois précédent5
15/12Acompte de TVA40 % de la TVA de l’an dernier5
15/12Acompte d’IS4e acompte5
Partagez votre réaction