Une micro-entreprise doit transmettre jusqu’à 12 déclarations de chiffre d’affaires par an, même lorsqu’aucune somme n’a été encaissée. Le compte URSSAF centralise cette déclaration, le calcul des cotisations, le paiement et les demandes de correction.
URSSAF auto-entrepreneur : la procédure en clair
Le compte URSSAF auto-entrepreneur sert à déclarer le chiffre d’affaires encaissé, puis à régler les cotisations sociales calculées sur cette base. La déclaration intervient chaque mois ou chaque trimestre, selon l’option retenue. Un chiffre d’affaires nul doit aussi être déclaré.
La procédure suit toujours le même ordre : accéder à l’espace personnel, sélectionner l’échéance ouverte, ventiler les encaissements par nature d’activité, vérifier le calcul automatique, puis valider le paiement. Les dépenses professionnelles, commissions, achats de marchandises et frais bancaires ne sont jamais déduits du montant déclaré.
La règle à retenir : l’URSSAF reçoit le chiffre d’affaires hors taxes réellement encaissé pendant la période, et non les factures émises, le bénéfice comptable ou le solde du compte bancaire.
Le régime micro-social est prévu par l’article L. 613-7 du Code de la sécurité sociale. Le taux appliqué dépend de l’activité exercée. En l’absence d’encaissement, aucune cotisation proportionnelle n’est due, mais la déclaration reste obligatoire.

Créer et paramétrer son compte URSSAF
Attendre l’attribution du numéro SIRET
La création de la micro-entreprise s’effectue auprès du guichet unique géré par l’INPI. Il ne faut pas déposer de formulaire M0 auprès de l’URSSAF : ce formulaire papier a été remplacé par la formalité électronique. Après validation, l’INSEE attribue un numéro SIREN et un numéro SIRET.
L’espace URSSAF devient généralement accessible après la transmission des données d’immatriculation. Le délai constaté se situe souvent entre 8 et 15 jours ouvrés, selon le traitement du dossier. Une tentative de création trop précoce entraîne fréquemment un message indiquant que le numéro SIRET n’est pas encore reconnu.
Sécuriser les informations et le moyen de paiement
La création du compte nécessite le SIRET, le numéro de sécurité sociale, une adresse électronique et des coordonnées personnelles cohérentes avec la déclaration d’activité. Une différence sur le nom de naissance, la date de naissance ou l’adresse bloque parfois l’identification.
Le paiement s’effectue principalement par prélèvement SEPA ou par carte bancaire. Pour le prélèvement, le mandat doit être enregistré avant l’échéance. Le compte bancaire utilisé peut être personnel tant que le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Au-delà, un compte dédié à l’activité devient obligatoire en application de l’article L. 613-10 du Code de la sécurité sociale. Il ne doit pas nécessairement s’agir d’un compte bancaire professionnel.

Choisir une déclaration mensuelle ou trimestrielle
La déclaration mensuelle constitue le rythme appliqué par défaut. L’option trimestrielle réduit le nombre d’opérations à quatre par an, mais augmente le montant de chaque prélèvement. Le choix doit donc tenir compte de la trésorerie disponible.
- Déclaration mensuelle : paiement au plus tard le dernier jour du mois suivant la période déclarée.
- Déclaration trimestrielle : échéances habituelles au 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier.
- Première déclaration : un délai minimal de 90 jours est laissé après le début d’activité.
La date affichée dans l’espace personnel reste la référence. Lorsqu’une échéance tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le calendrier transmis par l’URSSAF indique la date limite applicable.
Déclarer le chiffre d’affaires dans la bonne catégorie
Retenir les encaissements de la période
Une facture de 2 000 € émise le 28 mars et payée le 5 avril entre dans le chiffre d’affaires d’avril, ou du deuxième trimestre en cas d’option trimestrielle. Un acompte encaissé est déclaré dès sa réception. Le solde rejoint la déclaration de la période au cours de laquelle il est payé.
Micro-entrepriseMutuelle et prévoyance : les assurances indispensables des auto-entrepreneursLe montant est déclaré hors taxes lorsque la micro-entreprise facture la TVA. Les pourboires directement encaissés, frais refacturés au client et indemnités qui rémunèrent réellement la prestation entrent normalement dans le chiffre d’affaires. Les débours engagés au nom et pour le compte du client peuvent en être exclus lorsque les conditions juridiques et comptables du mandat sont respectées.
Ventiler les activités mixtes
Une entreprise qui vend des biens et fournit des services doit répartir ses recettes entre les rubriques prévues. Le total ne suffit pas, car chaque activité supporte un taux différent. Cette ventilation doit correspondre au livre des recettes et, pour les activités commerciales, au registre des achats.
| Nature de l’activité en 2026 | Cotisations sociales | Versement libératoire de l’impôt | Contribution à la formation |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, restauration et hébergement hors cas particuliers | 12,3 % | 1 % | 0,1 % pour une activité commerciale |
| Prestations de services commerciales ou artisanales relevant des BIC | 21,2 % | 1,7 % | 0,2 % ou 0,3 % selon la nature de l’activité |
| Activités libérales relevant des BNC hors CIPAV | 26,1 % | 2,2 % | 0,2 % |
| Professions libérales relevant de la CIPAV | 23,2 % | 2,2 % | 0,2 % |
Le versement libératoire n’est ajouté que si l’option a été valablement exercée et si le revenu fiscal de référence respecte le plafond applicable. Sans cette option, l’impôt sur le revenu n’est pas payé dans le compte URSSAF. Le chiffre d’affaires est reporté dans la déclaration annuelle de revenus, avec l’abattement prévu par les articles 50-0 et 102 ter du CGI.
Les seuils du régime micro applicables en 2026 sont de 203 100 € pour les activités de vente et d’hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services et activités libérales. En activité mixte, le chiffre d’affaires global et la part correspondant aux services doivent respecter leurs limites respectives.
Calculer le coût et respecter le délai de paiement
L’ouverture du compte, la déclaration et le paiement en ligne ne génèrent aucuns frais de dossier. Le coût dépend directement du chiffre d’affaires encaissé. Une dépense professionnelle de 1 000 € ne réduit pas les cotisations, même si elle diminue fortement la marge.
Exemple chiffré d’une déclaration trimestrielle
Une consultante indépendante installée à Lyon encaisse 6 000 € hors taxes entre janvier et mars 2026. Son activité relève des BNC hors CIPAV. Elle a choisi la déclaration trimestrielle et le versement libératoire.
- Cotisations sociales : 6 000 € × 26,1 % = 1 566 €.
- Versement libératoire : 6 000 € × 2,2 % = 132 €.
- Total principal à payer à l’échéance : 1 698 €.
- Contribution à la formation professionnelle : 6 000 € × 0,2 % = 12 €, selon son calendrier de collecte.
Le paiement du premier trimestre doit être validé au plus tard le 30 avril 2026. Un prélèvement programmé n’est pas nécessairement débité le jour de la validation. La trésorerie doit rester disponible jusqu’au traitement bancaire effectif.
Effet de l’ACRE sur les cotisations
Le créateur bénéficiant de l’ACRE profite d’un taux social réduit pendant la période d’exonération. L’allègement prend fin à l’issue de la période indiquée dans le compte. Le taux normal s’applique ensuite automatiquement. La date de début d’activité influence donc directement la durée réelle de l’avantage.
L’ACRE ne réduit ni la contribution à la formation professionnelle, ni la cotisation foncière des entreprises, ni la TVA. La CFE relève de l’administration fiscale et non de l’URSSAF. La micro-entreprise bénéficie en principe d’une exonération de CFE pour son année de création.
Corriger une déclaration URSSAF déjà transmise
Modifier avant la date limite
Tant que l’échéance reste ouverte, la déclaration peut généralement être modifiée depuis l’espace personnel. Il faut rouvrir la période concernée, remplacer les montants erronés, puis valider de nouveau. Le calcul des cotisations est actualisé.
Cette méthode convient à une erreur de saisie, une mauvaise ventilation entre vente et service ou l’oubli d’un encaissement. Une seconde validation doit être contrôlée jusqu’à l’affichage de l’accusé d’enregistrement.
Demander une rectification après l’échéance
Une période clôturée ne doit pas être corrigée en ajoutant ou en retirant arbitrairement la différence sur la déclaration suivante. Cette pratique fausse le chiffre d’affaires de chaque période et complique les rapprochements avec la déclaration fiscale.
La rectification se demande depuis la messagerie sécurisée du compte URSSAF. Le message doit préciser le mois ou le trimestre, le montant déclaré, le montant exact et la raison de l’erreur. Un livre des recettes, des factures et des relevés d’encaissement peuvent être demandés.
- En cas de sous-déclaration, l’URSSAF émet un complément de cotisations.
- En cas de trop-versé, la somme est imputée sur une échéance ou remboursée.
- Le délai de traitement varie souvent de 10 à 30 jours ouvrés selon la complexité du dossier.
Lorsqu’un client est remboursé, la somme restituée est retranchée des recettes de la période concernée si la correction reste techniquement possible. Une déclaration négative n’est pas admise. Si le remboursement dépasse les autres encaissements, une demande documentée doit être adressée à l’URSSAF.
Retards, TVA et situations particulières
Déclaration oubliée ou chiffre d’affaires nul
L’absence de chiffre d’affaires n’autorise pas à ignorer l’échéance. Il faut saisir 0 € dans chaque rubrique. Une déclaration manquante expose à une pénalité calculée sur la base de 1,5 % du plafond mensuel de la sécurité sociale par échéance non transmise. Une taxation provisoire peut aussi être établie.
Micro-entrepriseCFE en micro-entreprise : exonération la première année, montant et paiementUn paiement tardif entraîne une majoration initiale, puis des majorations complémentaires tant que la dette subsiste. En présence d’une difficulté de trésorerie, la déclaration doit tout de même être déposée dans le délai. Une demande d’échelonnement peut ensuite être transmise depuis la messagerie.
Ne pas confondre seuil micro et franchise de TVA
Le maintien du régime micro ne signifie pas automatiquement que l’entreprise reste exonérée de TVA. En 2026, la franchise en base prévue par l’article 293 B du CGI repose notamment sur un seuil de 85 000 € pour les ventes et de 37 500 € pour les services, avec des seuils majorés respectifs de 93 500 € et 41 250 €.
Lorsque la TVA devient applicable, le chiffre d’affaires déclaré à l’URSSAF reste le montant hors taxes encaissé. La TVA collectée ne supporte pas de cotisations sociales. Elle est déclarée séparément auprès de l’administration fiscale, notamment au moyen d’une déclaration CA3 lorsque l’entreprise relève du régime réel normal.
Cessation ou modification de l’activité
Une modification d’adresse, d’activité ou de nom commercial se déclare sur le guichet unique. L’ancien formulaire M2 n’est plus utilisé pour cette démarche électronique. La cessation passe également par le guichet unique, en remplacement du formulaire M4.
La fermeture de l’entreprise n’efface pas la dernière obligation sociale. Le chiffre d’affaires encaissé jusqu’à la date de cessation doit être déclaré dans le délai indiqué par l’URSSAF. Les factures encaissées après la cessation nécessitent une vigilance particulière : fermer avant d’avoir recouvré les créances complique leur traitement social et fiscal.
Ce qu’il faut retenir
- Déclarer le chiffre d’affaires encaissé, même lorsqu’il est de 0 €.
- Respecter jusqu’à 12 échéances mensuelles ou 4 échéances trimestrielles.
- Appliquer en 2026 un taux social compris entre 12,3 % et 26,1 % selon l’activité.
- Demander toute correction après échéance sous 10 à 30 jours ouvrés de traitement habituel.
- Distinguer les seuils micro de 203 100 € ou 83 600 € des seuils de TVA.
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